Artisans du Monde lance son site de vente en ligne

Aujourd'hui une nouvelle ère s'ouvre pour Artisans du Monde. Déjà premier réseau de distribution de produits équitables en France, Artisans du Monde lance son site de vente en ligne avec plus de 1000 références, toutes issues du commerce équitable. C'est donc un géant de l'équitable qui s'installe sur le web.

Boutique Artisans du Monde

La vente, l'éducation et le plaidoyer

Artisans du Monde s'est toujours appuyé sur trois piliers fondateurs : la vente de produits équitables, l'éducation et le plaidoyer. Sa boutique en ligne poursuit aussi cet objectif. En plus d'un vaste catalogue de produits 100% équitables, Artisans du Monde souhaite informer le grand public sur ses actions de sensibilisation et éclairer le consommateur sur l’évolution du commerce équitable au sens large.

Le blog et la rubrique « actualités Â» sont deux éléments centraux dans cette stratégie de communication. Ils informeront les internautes sur l'évolution des organisations de producteurs et de leurs modes de vie. Ils ne sont pas les seuls vous me direz... oui mais ce blog sera directement alimenté par des producteurs ! Enfin un lien plus direct entre producteurs du Sud et consommateurs du Nord ?

Parmi les produits on retrouve notamment des livres, des films, des jeux et des expositions qui sont vendus seuls ou accompagnés d’un manuel pédagogique d’animation et d’une étude complète de filière. L'objectif est de rappeller qu'Artisans du Monde édite aussi des outils d'éducation.

Les fiches produits et producteurs

Ce désir d'informer est le fil directeur du site. Sur les fiches produits ont retrouve une photographie du produit, le pays d'origine (le producteur) et le système de garantie (FLO-Max Havelaar, WFTO, AB, Artisans du Monde). Le WFTO étant une garantie-organisation on peut se demander s'il est bien logique de l'afficher comme garantie pour un produit...

Des fiches « producteurs Â» informent les internautes de l'origine du produit et de ses caractéristiques (provenance, techniques de production, matériaux utilisés, etc.). Ces fiches producteurs accompagnent parfois la description des produits. Elles sont directement accessibles via une carte des producteurs qui recense les 121 partenaires d'Artisans du Monde.

Un guide d'achat vient aider les consom'acteurs qui se sentiraient perdus devant l'originalité de certains produits issus du commerce équitable. Le quinoa, le Rooibos, la Tagua, l'Aloe Vera... mais qu'est-ce que c'est ?

Un système de commande original

Les commandes sont livrées entre 48h et 72h par Colissimo directement chez le client (jusque là tout est normal). Mais les internautes auront bientôt la possibilité de se faire livrer dans des points relais constitués en partie des boutiques Artisans du Monde. Ils pourront ainsi se rendre directement en boutique pour avoir davantage d’informations sur le commerce équitable.

Cependant une petite question me taraude l'esprit... qui a créé ce site internet ? Qui en est à l'origine ? Qui s'en occupe ? Qui gère les stocks ? Artisans du Monde ? Perdu. C'est Solidar'monde ! Et pourtant on ne trouve aucun logo de l'organisation sur le site. Est-ce le signe d'un rapprochement entre Solidar'monde et Artisans du Monde ? Solidar'monde va-t-il s'effacer médiatiquement progressivement ?

Commentaires

L'idée de permettre aux producteurs de poster dans le blog est pertinente et s'inscrit parfaitement dans une idée de commerce équitable.
J'espère que ce site se montrera aussi efficace que prévu.

David, Trésorier de l'association Ekitinfo

C'est une excellente nouvelle pour le commerce équitable et pour Artisans du Monde ! Après le cash & carry voici une nouvelle offre avant gardiste de la part d'ADM ! Longue vie à eux !!!

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"To be is to do". Kant
- "Do be do be do". Sinatra

@David : je suis tout à fait d'accord même si la réalisation ne sera surement pas facile. Les producteurs sont souvent assez occupés et finalement assez éloignés de nos débats sur le commerce équitable. Certains ne savent même pas qu'ils travaillent pour une organisation de commerce équitable ! Les témoignages seront malgré tout très intéressants.

@Equitable-Didier : comme quoi ça pousse à innover d'avoir des difficultés financières :)

Président de l'association Ekitinfo.
Un nouveau regard sur le commerce équitable

moi, je ne comprends pas bien la question qui est posée : y-a-t-il rapprochement entre Solidar'Monde et artisans du monde ? en effet, Solidar'Monde et Artisans sont liés depuis toujours : c'est Artisans du monde qui a créé Solidar'Monde début des années 80. Artisans du Monde est une association et Solidar'Monde une SARL. Tout fonctionne ensemble et ce n'est pas toujours simple... apparemment il y en a qui sont au courant. Moi j'étais bénévole à Artisans, aujourdh'ui toujours partisante et cliente mais plus trop au courant de près... en tout cas j'espère que ce sera un nouveau départ pour AdM.
Il faut...

@julierugby : comme tu le soulignes Artisans du Monde et Solidar'monde sont liés depuis leur création. Simplement il est possible d'accentuer encore ce rapprochement. Par exemple Solidar'monde pourrait peut-être tenir davantage compte des avis des boutiques locales Artisans du Monde. Ils le font déjà mais des progrès sont surement possible.

Je ne suis pas au courant des détails des relations entre Solidar'monde et Artisans du Monde. Simplement sur les produits de la nouvelle marque Artisans du Monde le logo de Solidar'monde a disparu... alors qu'il était présent avant. Cela laisse penser qu'Artisans du Monde veut mettre davantage en avant son image... et en conséquence faire "disparaitre" celle de Solidar'monde. Pas forcément illogique comme idée puisque Solidar'monde n'est que la centrale d'achat dans l'histoire.

Sinon tu étais bénévole dans quelle boutique Artisans du Monde (si ce n'est pas indiscret) ?

Président de l'association Ekitinfo.
Un nouveau regard sur le commerce équitable

Je crois que ce Guillaume voulait dire c'est que Solidar'Monde s'efface petit à petit à l'instar par exemple d'autres centrales d'achats du commerce équitable ! Quoi qu'il en soit les relations entre Solidar'Monde et ADM sont fortes puisque c'est le réseau d'ADM qui a sauvé ou contribué au rétablissement financier de Solidar'Monde, rappelons aussi que ADM est le principal client de Solidar'Monde et vice versa ! (corrigez moi si je me trompe !)

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@Didier : je n'ai pas les chiffres mais Solidar'monde vend presque exclusivement à Artisans du Monde. Il doit avoir quelques autres clients professionnels (cantines scolaires, comités d'entreprise, ...).

Président de l'association Ekitinfo.
Un nouveau regard sur le commerce équitable

Une très belle idée, en effet!
De plus, le paiement par virement bancaire permet à ceux qui n'ont pas de carte de profiter de cette possibilité sans avoir des frais trop importants.

Il me semble qu'AdM est aussi le principal actionnaire de Solidar'Monde, qu'il ne peut donc pas abandonner.
Par ailleurs, le logo AdM ne se retrouve que sur les produits qui portaient le logo Solidar'Monde, ce qui laisse penser à un simple changement d'image, pas de politique d'achat.

Solidar'Monde centrale d’achats et Temple du commerce équitable avec son associé majoritaire Artisans du Monde intervenant et précurseur Historique dans le commerce équitable en France…

Je suis fasciné par vos remarques et ne peux que faire le constat que vous êtes tous bien loin des réalités.

Alors allons plus loin et cherchons à comprendre, sans nous voiler la face.

Comprendre quoi me direz-vous ? Mais pourquoi Solidar’Monde est-il au bord du gouffre et risque dans les heures qui viennent de passer en liquidation judiciaire, entrainant avec lui Artisans du Monde ?

Penchons-nous un instant sur la gestion et l’historique des deux structures :

Pourquoi Solidar’Monde et Artisans du Monde ont-ils toujours été dans l’incapacité chronique de présenter de réelles décompositions de prix sur les produits présentés comme étant du commerce équitable ?

Il règne un tel manque d’organisation et de professionnalisme dans ces structures, qu’elles ne peuvent bien souvent que faire le constat que certains produits sont vendus à perte tandis que sur d’autres, la marge sur le producteur est tellement importante qu’elle ferait rougir « MacDo ». Je passerai sur certains produits pour lesquels ils ne savent même pas eux-mêmes s’ils gagnent ou perdent de l’argent. Mais tout cela n’est bien souvent lié qu’à un manque de compétences et non à une volonté malfaisante.

Continuons, si vous le voulez bien, afin de mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui.

Première étape, Artisans du Monde écarte, avec la plus grande maladresse, M. De Boichevalier, gérant historique de Solidar’Monde, qui avait tout de même créé et sauvé cette entreprise en lui permettant de faire de confortables bénéfices dans le respect du commerce équitable.

Seconde étape, Artisans du Monde se débarrasse du CCFD (Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement), membre du Conseil d’Administration, qui soutenait ce même gérant et continuait de les empêcher d’avoir le complet pouvoir sur la centrale d’achats.

Suite à cela, des échanges que nous aurions pu retrouver dans le monde des « traders » et de la finance ont eu lieu, poussant le gérant historique à la porte et écartant complètement le CCFD ainsi que certains petits associés (bénévoles des boutiques Artisans du Monde entre autres, qui avaient apporté des capitaux personnels au moment de la création de Solidar’Monde).

Artisans du Monde devient donc associé majoritaire et désire voir la marque Solidar’Monde disparaître. Les Italiens d’Altromercato , qui ont acheté des parts du CCFD, entrent au Conseil d’Administration de Solidar’Monde et deviennent ainsi deuxième associé. Très vite nos amis Italiens sont atterrés par les relations entre Solidar’Monde et Artisan du Monde : en 2009 ils ne viennent quasiment plus au CA.

En effet, par manque de compétences et d’expertise, Artisans du Monde entre très vite dans une relation de « petit chef » avec sa centrale d’achats. Les doublons de postes entre les deux structures ne font qu’accentuer les tensions. Mais le problème de fond se situe plus dans le fait que l’association travaille avec une approche humanitaire du commerce équitable, tel une ONG, oubliant lorsque cela l’arrange, que dans l’expression « commerce équitable » il y a le mot « commerce », pendant que la centrale d’achat est obligée de générer du profit et des bénéfices, si elle veut survivre.

En 2007-2008, alors que les caisses de Solidar’Monde ne tournent plus que sur les acquis des années précédentes et que le chiffre d’affaires est en chute libre, Artisans du Monde décide que Solidar’Monde va devoir augmenter le montant de sa cotisation de droit d’utilisation de la marque Artisans du Monde. Cette cotisation est versée à l’association et indirectement redistribuée aux boutiques. Dans le même temps, Artisans du Monde demande de grosses facilités de paiement pour les boutiques du réseau, ce qui ne fait que creuser le déficit de la centrale d’achats, notamment car certaines boutiques ne respectent pas leurs délais de paiement.

D’un point de vue humain, je ne parlerai ni du « Plan Social » d’Artisans du Monde (pardon, je voulais bien sûr dire : plan de « départs volontaires »), ni du fait que des intervenants extérieurs ont du venir à plusieurs reprises en urgence, dans les locaux de Solidar’Monde car son personnel était au bord de la crise de nerf. Voici quelques sujets d’interventions que je ne vous mentionne qu’à titre d’exemples et dans le désordre : accusations, justifiées ou injustifiées, de harcèlement de toutes sortes (procès en cours), arrêts maladies à répétition, (là aussi, justifiés ou non), licenciements abusifs (procès en cours)…

Durant cette période Solidar’Monde a vu défiler et changer les membres de son CA et donc ses directeurs (gérants). Cinq directions différentes se sont succédé en moins de 4 ans.

Il y aurait bien des choses à dire encore, comme par exemple l’achat des gammes de cométiques achetées au partenaire italien, sans aucune étude du marché français et commandées avant même d’avoir l’ensemble des éléments sur la garantie et la traçabilité des produits. Je passerai sur le fait que ces gammes ne sont bio que sur le marché italien, le cahier des charges du « bio » italien étant plus souple que le français…

Mais aujourd’hui c’est la fête !

Et c’est le bouquet… qui risque malheureusement d’être final !

Artisans du Monde et Solidar’Monde ont le plaisir de vous annoncer qu’ils ont dépensé 40 000 euros pour un site e-commerce qui sur le marché des agences web, aurait été normalement vendu entre 5 000 et 8 000 euros. Tout cela en étant au bord du gouffre et de la liquidation judicaire.

Peut-on encore parler d’une entreprise de commerce équitable et au-delà de l’équitable, peut-on encore parler d’une entreprise ?

Bonjour,

commentaire très intéressant, et pour le moins surprenant... Si ce que vous avancez est vrai alors oui nous avons de quoi nous inquiéter, mais nous (grand public, militant etc.) ne savons pas tout ça...

Pourriez-vous nous dire qui vous êtes, et comment savez-vous tout ça ?

Merci à vous pour ces précieux renseignements,

Didier

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Un point de vue historique complémentaire....

La filière intégrée Artisan du Monde est-elle vraiment équitable ?
Chronique d’une désintégration annoncée…

Point de vue depuis Solidar’Monde

Christophe Maldidier

Version du 12 Janvier 2009

Introduction

Les difficultés financières que connaît Solidar’Monde depuis l’été 2008 ont débouché sur une crise qui affecte l’ensemble du réseau Artisans du Monde. Fin Novembre 2008 un petit groupe de dirigeants de la Fédération Artisans du Monde a réalisé ce qui a tout l’apparence d’un coup de force. Le refus du bureau de la FADM de cautionner un possible prêt de la Nef à Solidar’Monde a ouvert les hostilités. S’en est suivi l’éviction des anciens mandatés de la FADM au conseil d’administration de Solidar’Monde et l’accusation de mauvaise gestion du Directeur et de la Présidente qui ont choisi alors de démissionner de leur poste. Le Délégué Général de la Fédération a pris alors, transitoirement, le poste de Président-Directeur Général de Solidar’Monde et de nouveaux administrateurs ont été choisis pour siéger au Conseil d’Administration de Solidar’Monde.

Cette nouvelle crise qui se cristallise autour de Solidar’Monde n’est pas seulement le produit des mauvais résultats (une perte de 740 000 €) de l’année passée 2007-2008. Elle constitue un épisode annoncé, (le dernier ?) d’une histoire plus longue des relations entre Solidar’Monde et la Fédération Artisans du Monde (FADM), marquée par des conflits, surtout depuis les années 2003-2004.

L’auteur de ce texte espère contribuer à la compréhension des faits en apportant un éclairage sur cette histoire récente qui s’est déroulé, sans doute trop silencieusement, dans les sphères parisiennes et de Vitry-Sur-Seine du mouvement Artisans du Monde.

Nous commencerons par donner une vue d’ensemble de la naissance de la « filière intégrée » et de ses premiers pas, en cherchant à comprendre l’origine des difficultés dans les relations entre les instances nationales de la FADM – c'est-à-dire le Secrétariat National et les instances élues - et Solidar’Monde. Et parce que la question des partenaires du Sud et la garantie constituent un objet central de l’engagement du mouvement Artisans du Monde, nous l’aborderons à part, dans une 2ième partie, comme une autre illustration des difficultés de la « filière intégrée ». Nous conclurons notre analyse sur l’origine de la crise actuelle par quelques interrogations d’ordre éthiques auxquelles est confronté un réseau comme celui d’Artisans du Monde.

1. La « filière intégrée »: exercer le pouvoir sans se concerter ?

Naissance d’un projet ambitieux : la filière intégrée

En 2004, la question de la grande distribution opposa fortement Solidar’Monde et la FADM . Solidar’Monde dont le développement s’était accéléré depuis 1998, souhaitait s’ouvrir vers la grande distribution, comme d’ailleurs le faisait, à la même époque, les autres réseaux pionniers européens du commerce équitable tels que CTM en Italie GEPA en Allemagne et Oxfam en Belgique etc. . Solidar’Monde était appuyé en cela par le CCFD, actionnaire principal et lui aussi favorable à la vente de produits en grande distribution. En revanche, à la FADM qui avait amorcé, depuis le début des années 2000, son rapprochement avec le mouvement de l’économie sociale et solidaire et l’alter-mondialisme, la vente en grande distribution était très mal perçue. Les temps avaient changé en comparaison du milieu des années 90, quand Solidar’Monde et la FADM avaient tenté ensemble de promouvoir la commercialisation en grande distribution en le justifiant par le besoin d’élargir les débouchés des producteurs !

Cette question de la grande distribution fut donc l’un des éléments centraux du « renouvellement du projet associatif » promu par les instances nationales de la FADM en 2004, et approuvé en juin 2005 par l’Assemblée Générale. En faisant le choix exclusif des « réseaux de distribution spécialisés et de proximité, de l’économie sociale et solidaire, et des collectivités locales », les associations Adm exprimaient leur vœu de lier leur destin à celui de Solidar’Monde.

Le cœur du nouveau projet associatif était en effet la « filière intégrée ». « Intégrée » la filière l’avait pourtant toujours été d’une certaine façon puisque, par opposition aux filières labellisées, elle se caractérise par des intervenants spécialisés dans le commerce équitable, appelés des « Organisations de Commerce Equitable » (OCE) : l’importateur, le réseau de distribution (les magasins associatifs) et la fédération nationale qui les représentent . Les magasins Artisans du Monde représentaient d’ailleurs – après l’arrêt du catalogue CCFD en 1998 - 70% des ventes de Solidar’Monde, et la FADM participait au Conseil de Surveillance de ce qu’elle désignait comme sa centrale d’achat.

Mais dans l’idée des instances nationales de la FADM, la « filière intégrée » représentait un niveau d’intégration supérieur en vue d’un projet ambitieux capable de donner une nouvelle place à Artisan du Monde sur la scène française du commerce équitable dans un contexte où on assistait à une multiplication d’acteurs nouveaux se revendiquant comme équitables .

Les Associations Locales plébiscitèrent ce nouveau projet de « commerce équitable exigeant » mené par « un réseau alternatif de référence », même si nul ne connaissait vraiment les implications concrètes que cela allait ou pouvait avoir dans le fonctionnement du réseau et des associations locales.

Les étapes de la prise de contrôle de Solidar’Monde et de la chute

En 2005 le projet associatif n’intégrait aucun véritable plan d’action concret (plan d’affaire) pour Solidar’Monde, et n’ébauchait aucun mode de fonctionnement nouveau pour les relations entre les intervenants de la filière. Le lancement de la « filière intégrée » consista en la prise de contrôle de Solidar’Monde par l’actionnariat majoritaire, une nouvelle répartition des marges, quelques orientations générales dans le cadre du pacte d’actionnaire, et la substitution de la marque « Artisans du Monde » à celle de « Solidar’Monde » sur les packagings.

Il y a eu d’abord l’éviction de Bernard de Boischevalier (sept. 2005) qui avait fondé et, 15 ans durant, développé l’entreprise. S’en est suivi le rachat « forcé » des actions au CCFD , une opération qui ne se put se conclure qu’au terme de longues négociations sur le prix des actions durant toute l’année 2006.

La nomination d’un Directeur « potiche », dont la qualité la plus marquante était sa docilité vis à vis de la FADM, fut la clef pour préparer, depuis le Boulevard de Strasbourg, l’actionnariat majoritaire. La structure juridique de Solidar’Monde fut changée en société anonyme à conseil d’administration. Une opération financière de type « chaises musicales » fut lancée : les remises faites aux magasins Adm constituèrent une partie du capital nécessaire au rachat des actions de Solidar’Monde, après augmentation des cotisations des associations locales. Enthousiastes, certaines associations locales soutinrent aussi, directement avec leurs finances, la FADM. Quelques critiques sur le fait les associations locales Adm ne devenaient pas actionnaires directes de Solidar’Monde furent vite oubliées. Enfin, toute l’ancienne équipe de cadres de Solidar’Monde fut remplacée par une nouvelle équipe. La réalisation d’un « pacte d’actionnaire » avec l’entrée au capital de Solidar’Monde de Biocoop et de CTM constitua la dernière pièce de l’opération.

Le deuxième directeur de Solidar’Monde ne resta en poste que 16 mois jusqu’en décembre 2006. Est ce parce la tâche qui lui avait été assignée avait été en grande partie accomplie, et que les effets de sa désastreuse gestion en interne devenaient trop évidents ? Lui succéda alors, durant 6 mois, un vague pilotage à distance des mandatés de la FADM au conseil d’administration de Solidar’Monde. Au total ces deux années virent partir Solidar’Monde à la dérive : gaspillage des ressources en interne ; incapacité à travailler collectivement; inefficacité de l’entreprise se traduisant par des retards de livraisons qui poussèrent alors une partie des magasins Adm à commander ailleurs ; non actualisation de l’information sur les partenaires ; raréfaction des visites aux fournisseurs ; paralysie du travail de suivi des partenaires et de la garanties etc.

Une nouvelle période s’ouvrit avec l’entrée en fonction, en Juin 2007 de Nicolas Sulmont, 3ième directeur en 3 ans, qui travailla d’arrache pied pour remettre l’entreprise sur pied. Il lui fallait résorber doucement les conflits interpersonnels, organiser le travail collectivement; apprendre à livrer en temps et en heure aux magasins, négocier avec le Secrétariat National et la FADM les orientations concrètes de la « filière intégrée »; etc. En bref, refaire de Solidar’Monde une entreprise humaine et équitable, avec un projet (un plan d’affaire), une organisation cohérente avec « la filière intégrée », des marges suffisantes, etc.

Mais le mal était déjà fait. Les années 2003-2005 avaient déjà paralysé les projets de plus long terme, et ce à un moment assez crucial où la concurrence s’affirmait nettement. L’expérience accumulée avait en partie disparue. Rien d’étonnant donc à ce que, après une baisse du taux de croissance dés 2005-2006, Solidar’Monde affiche son premier bilan négatif en Juin 2007 (400.000 € de perte). Les excédents scrupuleusement accumulés depuis plusieurs années, grâce à une croissance à deux chiffres, ainsi qu’une trésorerie abondante, avaient vite fondus, entre remises aux magasins, augmentation de la redevance de la marque « Artisans du Monde » (qui passa de 0.4% à 3% des ventes) et aussi les gaspillages internes. Mais s’était érodé aussi le capital de relations personnalisées et d’expérience avec les partenaires et les fournisseurs au Sud, ainsi qu’avec les confrères européens.

La suite est connue : une ambiance nationale plutôt morose pour le secteur du commerce équitable en 2008 ; des projections de ventes trop optimistes de la part du réseau Artisans du Monde ; ainsi que des coûts insuffisamment maîtrisés et un système comptable déficient chez Solidar’Monde, suffirent pour affaiblir l’entreprise, et rendre sa trésorerie exsangue, menant à la dramatique situation d’aujourd’hui.

L’échec d’une coordination entre Paris – Vitry-sur-Seine – Associations Adm

La naissance de la « filière intégrée » a donc impliqué un coût important pour le réseau Adm avec comme conséquence une fragilité financière, autant du coté Solidar’Monde que du coté FADM. Après les conflits, les incertitudes et les turbulences des années 2005/2006, tout le monde attendait néanmoins que la filière nouvellement « intégrée » fonctionne de façon réellement intégrée, voire harmonieuse. En 2007, Solidar’Monde avait un nouveau directeur (apparemment tenant la route), une nouvelle équipe, un nouveau Conseil d’Administration avec une majorité de mandatés de la FADM. Les conditions financières plus difficiles ne devaient-elle pas aussi contribuer à resserrer les liens et améliorer la coordination entre les trois maillons de la filière: Solidar’Monde, les Associations locales et les instances nationales de la FADM ?

Si des pas ont été réalisés dans cette direction, cette coordination a continué de montrer de sérieuses limites, qui ont éclatées à la vue de tous à l’occasion des évènements de la fin 2008. Comment l’expliquer ? Pourquoi alors que Solidar’Monde était gouvernée dorénavant par la FADM, la confrontation a continué à marquer les relations entre Solidar’Monde et les instances nationales de la FADM ? Les difficultés à coordonner le militantisme politique et l’activité économique semblent bien être à l’origine de ce problème. Nous pouvons y voir deux raisons : les tensions entre commerce et activité d’éducation et plaidoyer qui ont débouché sur une concurrence entre structures; et les logiques différentes d’organisation du réseau.

Commerce versus plaidoyer/éducation, Solidar’Monde versus Secrétariat National

Pour une partie du mouvement Artisan du Monde, le commerce équitable est un « commerce outil » . L’activité commerciale ne prend son sens que comme support d’activités de plaidoyer et d’éducation. Ce qui compte avant tout est la transmission d’idées à des fins de conscientisation, d’éducation ou de dénonciation. Le discours sur la situation des petits producteurs du Sud, le fonctionnement du commerce international ou les bienfaits du commerce équitable etc. est bien sûr articulé à la vente de produits du commerce équitable, mais dans l’échelle des valeurs, le commerce en soi, reste secondaire, voire méprisable parfois.

A l’autre extrême des conceptions du mouvement, l’activité commerciale constitue la base du essentielle du commerce équitable (« le commerce équitable c’est d’abord du commerce ») c’est à dire un moyen concret de soutenir les artisans et des paysans du Sud. Chercher à augmenter les ventes, à améliorer les qualités des produits, c’est répondre d’ailleurs aux demandes récurrentes exprimées par tous les producteurs du Sud et, c’est aider de façon précise tel ou tel producteur dans tel pays à survivre ou à améliorer sa situation. Le plaidoyer et l’éducation sont vus comme des activités complémentaires importantes, mais différentes, à un autre niveau.

Cette dichotomie traverse, à des degrés divers et de façon implicite, de nombreuses associations locales - donnant lieu parfois à des tensions importantes –. Certains membres se définissent d’ailleurs plutôt comme de « simples bénévoles », sont moins portés vers le militantisme politique mais plus par l’idée d’une aide concrète, et offrent leur temps dans la gestion pratique des magasins ; tandis que d’autres inscrivent leur participation dans une logique plus politique, et d’éducation.

Dichotomie au sommet : Paris versus Vitry-Sur-Seine

Cette dichotomie est transposable au niveau des instances nationales du mouvement : Solidar’Monde dont l’activité tourne évidemment autour de l’aspect commercial, incarne la deuxième conception, tandis que les instances nationales de la FADM y compris le Secrétariat National dont les activités se concentrent sur les questions organisationnelles et politiques incarnent plutôt la première vision. Malgré cela les activités des deux structures présentent d’importants chevauchements. Solidar’Monde, lié de façon continue aux producteurs du Sud et aux confrères européens, a forcément à voir aussi avec la politique de partenaires au Sud et la garantie (cf. plus bas, partie 2). Quant aux instances nationales de la FADM elles ont aussi des responsabilités directes et indirectes en matière commerciale.

Pourtant, les questions commerciales ont toujours été reléguées à un deuxième plan pour la FADM en comparaison avec l’activité d’éducation et de plaidoyer. Bien qu’ayant sous sa responsabilité une partie importante du dispositif de développement et de professionnalisation de l’activité commerciale au niveau des magasins, très peu d’efforts ont été menés dans cette direction . De tels investissements avaient pourtant, servi à justifier, en partie, l’augmentation de la redevance de marque « Artisans du Monde » ! Ce « dédain » des instances nationales de la FADM pour les questions commerciales est manifeste aussi dans la lenteur des réactions des instances nationales face à des choix qui exigeaient d’autant plus de rapidité que le rythme de croissance du réseau chutait et que Solidar’Monde s’enfonçait dans une crise de trésorerie. Il en est ainsi de toutes une série de décisions qui tardèrent chaque fois: en matière d’animateurs commerciaux, d’opérations commerciales conjointes (CAC) ou encore de ventes en dehors du réseau etc. . Au delà de la méconnaissance (compréhensible jusqu’à un certain point) des réalités de l’activité commerciale (fusse-t-elle équitable), les instances nationales de la FADM ont traité la sphère économique et commerciale par des incantations, des injonctions qui ne pouvaient évidemment favoriser une bonne coordination avec Solidar’Monde .

Deux « appareils » ave des façons de faire différentes

Le dédoublement des tâches entre les deux structures, Secrétariat National et Solidar’Monde en matière notamment de communication, information et fiches sur les producteurs, relations au Sud, garantie, a constitué une autre difficulté. Ce dédoublement, hérité de l’époque des vaches grasses et des conflits de l’époque « pré-intégrée », n’était plus très raisonnable à l’heure de la « filière intégrée » affrontant des difficultés financières. De fait, le Secrétariat National de la FADM licenciait du personnel en 2007 alors que cette même année Solidar’Monde élargissait son équipe. Fin 2008, la situation s’inversait !

Les relations entre les deux structures furent de façon permanente tendues, voire franchement conflictuelles. Deux raisons l’expliquent. Il y a, d’une part, la même césure qui caractérise les membres du réseau : les salariés du Secrétariat National de la FADM se considèrent plutôt comme « militants » tandis que coté Solidar’Monde ce sont plutôt des « professionnels»: les premiers sont plus jeunes, avec une rotation prononcée de stagiaires, plus idéologiques (voire dogmatiques), et leurs salaires moindres; les seconds sont plus vieux, avec des parcours plus hétérogènes, conçoivent leur engagement de façon liée à leur activité professionnelle et leur approche est plus technique, moins politique (voir dépolitisée). Le fonctionnement et l’organisation du travail est aussi différente : dans la première les orientations de chacun sont bien définies dans une logique de parcellisation des tâches issu d’un style de direction vertical. La deuxième équipe faisait quant à elle l’objet d’un style de management plutôt humain, basé sur la participation et le débat - une option incontournable sans doute pour une entreprise particulièrement malmenée comme l’était Solidar’Monde - , ce qui n’impliquait pas forcément encore efficacité et bonne coordination.

D’autre part, l’enjeu tacite des rapports entre les deux équipes était celle de défendre ou d’imposer sa propre conception du travail, de pouvoir ainsi se légitimer par rapport au réseau Adm, et à terme aussi la préservation de l’emploi salarié. En effet quel partage des tâches faire entre les deux structures, et sous le contrôle de qui ? A Solidar’Monde on avait l’impression que le Secrétariat National de la FADM cherchait à ponctionner leur travail, tandis qu’au Secrétariat National on devait penser que les salariés cachaient leurs informations !

Logique d’organisation commerciales du réseau et logique politique

Les difficultés de coordination entre Solidar’Monde et les instances nationales de la FADM proviennent aussi de la confrontation entre la logique commerciale d’organisation du réseau et celle politique. En d’autres mots, la question de la gouvernance du réseau Adm.

Le besoin d’organiser « commercialement » le réseau…

En 2007, après plusieurs années de relations envenimées par les conflits et les turbulences de Solidar’Monde - où les magasins étaient souvent (mal)traités comme une clientèle captive -, il était capital que le lien entre Solidar’Monde et les Associations Locales Adm se recrée pour simplement que fonctionne mieux le système de ventes aux magasins, et aussi hors réseau. Solidar’Monde a ainsi cherché à ce que s’établissent de façon concertée, de nouvelles règles du jeu : il a cherché ainsi à rendre plus participatif le choix des collections d’artisanat afin d’éviter les ruptures de stock sur les produits les plus sollicités ; à monter un système Adm-distributeurs où les responsabilités et les marges de chacun soient équitable et efficace ; à rendre les magasins directement responsables des achats à certains producteurs dont les produits étaient plus difficilement vendables (système de pré-commande ) ; à informer les magasins de l’existence de produits en fin de DLUO afin d’éviter d’avoir à les « benner » etc.

Solidar’Monde se devait par ailleurs d’améliorer la qualité de ses services (délais de livraison, gammes et qualité des produits, informations etc.). Pas si facile que cela de parvenir à gérer une interface, avec d’un coté, de nombreuses petites filières d’approvisionnement au Sud qu’on gère à distance, et de l’autre une clientèle « atomisée », constitué de nombreux magasins, comme autant de petits « clochers », tous différents, avec des logiques très diverses d’une Association Locale à l’autre ! Mais une relation de confiance se retissait progressivement. La personnalité de Nicolas Sulmont, très épaulé par le Conseil d’Administration de Solidar’Monde, et ancien bénévole, plutôt modeste et direct, tenant un langage simple s’appuyant sur les faits, a permis qu’il soit audible par les bénévoles/militants.

… heurte son organisation verticale

Ce besoin de mobilisation et d’organisation du réseau Adm et des Associations Locales que requérait l’amélioration de l’activité commerciale s’est heurté au centralisme historique du mode d’organisation de la FADM. La FADM a en effort une organisation fédérale , où un grand nombre d’Associations Locales est représenté par un très petit nombre d’administrateurs nationaux, auquel s’ajoute le Secrétariat National. La fracture est assez grande entre ces instances nationales très ancrées dans des réseaux plus larges nationaux et les Associations locales absorbées bien souvent dans l’action quotidienne locale et la gestion des magasins. Les Associations locales confient ou délèguent facilement les grandes orientations politiques et de l’organisation à ces instances nationales.

Au final c’est une poignée de personnes – du Secrétariat National, des instances élues ainsi que quelques personnalités historiques du réseau - qui prennent les décisions majeures pour l’ensemble du mouvement et les font valider lors des Assemblées Générales, au risque d’un manque d’appropriation réel par les bases ou même d’une manipulation .

Le centralisme de ce mode d’organisation du réseau s’est sans doute renforcé ces dernières années, avec la crise de renouvellement des instances élues et les nouveaux administrateurs, moins expérimentés et donc plus dépendants de ceux qui, par leur continuité dans le travail, maîtrisent les dossiers.

Le système des « commissions mixtes », a amélioré la coordination entre instances nationales de la FADM, Solidar’Monde et les Associations Locales en créant une autre possibilité de dialogue, d’échange d’informations et parfois d’accords. Mais en découpant la réalité en un grand nombre de Commissions cloisonnées – le travail de synthèse étant réservé à un petit comité –, chacune fonctionnant de façon très normée, on en a limité très fort la portée .

Cette organisation verticale du réseau Artisans du Monde était sans doute assez efficace dans une logique de militantisme politique ou pour assurer la coordination d’activités d’éducation et de plaidoyer, et ce dans un contexte de grande rotation du bénévolat. En revanche elle était inadaptée pour rendre plus viable et efficace l’activité commerciale qui demande beaucoup plus de décentralisation et participation.

La participation attendues des Associations Locales en matière commerciale ne risquait-elle pas d’empiéter ou de concurrencer les deux autres activités de plaidoyer et d’éducation ? Le commercial ne risquait-il pas de déborder le « politique » ? La mise en place de commerciaux régionaux sous la responsabilité de Solidar’Monde, a sans doute été vue comme une menace par les instances nationales de la FADM qui ont craint de perdre le monopole de leur liens avec les associations locales. Il était donc logique de chercher à contrôler Solidar’Monde plutôt qu’à se coordonner avec lui.

2. Partenaires et garantie au Sud : entre réalité et discours…

La question des partenaires et de la garantie au Sud - un objet central de l’engagement du mouvement Adm - est révélateur aussi des logiques à l’œuvre, quoique son origine soit apparemment plus ancienne. Petit retour historique : à la fin des années 90, la FADM a pris conscience qu’elle dominait très mal les questions de ses producteurs au Sud et de la garantie, même si les bénévoles effectuaient des visites sur place aux producteurs et si certaines Associations Locales avaient développé des liens directs plus importants avec quelques producteurs.

Ces questions qui commençaient à prendre de l’importance sur la scène française du commerce équitable, faisaient en effet partie du travail « quotidien » de Solidar’Monde. D’abord du fait des relations directes et permanentes qu’il entretenait avec les producteurs. Et d’autre part de par son appartenance à un réseau plus large, l’EFTA , qui, dés 1995, s’était préoccupé d’harmoniser les principes du commerce équitable, d’échanger des informations et de monter des dispositifs d’évaluation des producteurs. Solidar’Monde avait bien cherché à faire partager ces thèmes avec le réseau Adm, et ce dans l’indifférence notoire des instances nationales de l’époque .

L’adoption des « critères au Sud, critères au Nord » (1997), mais surtout l’étude d’impact de 25 ans de commerce équitable sur les producteurs (2002-2004), puis le recrutement d’un responsable « Relation au Sud » au Secrétariat National de la FADM (2004) constituent quelques jalons de cette période où la FADM chercha à s’approprier ce volet Sud.

Sous l’égide de la « filière intégrée », l’Assemblée Générale approuva une politique partenaire (2007) puis, dernièrement, un « référentiel de garantie » et un Comité d’Agrément (2008). Ces orientations, poussées par les instances nationales de la FADM, ont été, là encore, source de confrontations avec Solidar’Monde, que leur contenu soit trop dogmatique par rapport au réel, ou que les modalités proposées de leur application paralyse en réalité toute possibilité de le faire. Ceci s’applique autant à la question des « partenariats » qu’en matière de garantie.

Confrontations autour des partenariats avec le Sud…

Le « partenariat » tel que mené depuis Solidar’Monde

Pour Solidar’Monde, les relations commerciales constituent la base d’un partenariat, puisque la définition officielle affirme que « Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect […] » . Ces relations se basent sur des commandes (bi-)annuelles auxquelles s’ajoutent des visites et des échanges périodiques qui concourent à une connaissance mutuelle et personnalisée. Cela se fait d’ailleurs dans le cadre d’une certaine division du travail et des échanges avec les autres confrères de l’EFTA.

Rendre ces relations « équitables » n’est pas toujours évident. Par exemple, les turbulences qu’a vécu Solidar’Monde et la dégradation de la situation financière, ont entraîné que les paiements aux producteurs n’aient pas toujours été faits dans les délais. Dans les dernières années, des impératifs commerciaux se sont imposés de façon plus forte sur les producteurs du Sud (adaptation des produits au goût du Nord; introduction d’une certaine délibération sur les prix ; pression sur les délais d’exécution, demande d’information etc.) pouvant affaiblir le caractère équitable de la relation. Autre conséquence de cette pression commerciale, pour afin de satisfaire une clientèle plus exigeante que jadis Solidar’Monde a du gérer son « portefeuille » ou « panier » de producteurs avec plus de souplesse et de réactivité qu’avant, en le complémentant au besoin par des producteurs qui approvisionnaient CTM ou les autres confrères européens. Ainsi les quantités commandées aux producteurs ont été soumises à plus de variation d’une année sur l’autre. Avec des résultats économiques négatifs, il s’avérait plus difficile de continuer à commander à certains producteurs trop défaillants du point de vue de la qualité du produit.

Après deux années de paralysie , Solidar’Monde, a recommencé à travailler, en 2007, sur cette question de l’équité. Une réflexion collective au niveau interne avait conduit à définir quelques axes et méthodes de travail. Il s’agissait de pouvoir développer, en commençant par un petit nombre de producteurs, des relations à caractère plus partenarial, c’est à dire basées sur plus de dialogue et d’échanges, débouchant sur des accords, voire des contrats, à propos des relations commerciales courantes ou de projets de plus long terme de développement de produit et de fonctionnement de la filière. Pour cela, avaient été choisis certains producteurs ayant soit une forte importance commerciale, soit représentant des liens historiques importants avec le réseau Adm, et présentant éventuellement aussi, des problèmes manifestes en matière d’équitabilité.

Investir de tels efforts collectifs impliquaient des tensions internes, notamment entre les responsables des achats, soumis à la pression du quotidien, et le responsable « monitoring » qui cherchait à assumer le rôle de médiateur entre Solidar’Monde et les producteurs. Passer d’une attitude de bienveillance dans les achats aux producteurs à des accords commerciaux équilibrés n’allait pas de soi.

Le projet Ket Doan (Vietnam), fait partie des quelques projets concrets qui ont été pu être lancés par Solidar’Monde (début 2007). Cette initiative à laquelle fut associée le CCFD, - lui aussi partenaire de Ket Doan - fut dans un second temps élargie aux associations Adm de la région Rhône Alpe, avec l’appui de l’animateur régional de la FADM. Un tel projet constituait une innovation prometteuse à la fois coté Nord et coté Sud. Il permettait d’une part de donner un contenu réel à cette notion de « partenariat » que revendique le réseau Artisans du Monde et cela de façon décentralisée, avec des retombées potentielles en terme à la fois commercial, éducatives et même de mobilisation collective dans le contexte d’associations locales en crise .

S’ouvrait la possibilité de changer les représentations parfois très édulcorées (voir des véritables clichés) sur les producteurs et articuler un discours global sur le commerce équitable à des réalités concrètes et vécues, basées sur une connaissance plus directe du fonctionnement des filières .

Coté Sud, était expérimentée aussi une approche novatrice d’amélioration concertée de la filière et de ses conditions sociales et environnementales. Grâce à la médiation du CCFD, ces améliorations devaient concerner de façon mutuelle et symétrique, à la fois Solidar’Monde, l’organisation faîtière Ket Doan et les ateliers de production.

Les insaisissables « partenariats » de la FADM : une rhétorique sans mise en œuvre

Pour les instances nationales de la FADM, la relation « commerciale » n’est souvent pas suffisante pour définir un « partenariat ». Les relations doivent comprendre d’autres dimensions comme sont le plaidoyer, l’éducation etc. . D’ailleurs, les organisations de prédilection des instances nationales de la FADM semblent être celles à caractère « politique » qui ont une activité de plaidoyer, de défense d’intérêts plus globaux .

Un premier problème est le décalage existant entre ces « partenariats » souhaités par les instances nationales de la FADM et les producteurs réels qui approvisionnent les magasins Artisans du Monde. Le cas de Parc (Palestine) représente une véritable exception, qui de plus a représenté d’importants efforts de coordination. C’est surtout à l’heure de prendre en charge l’accompagnement des producteurs les plus fragiles commercialement que ce décalage devient criant. Une réunion de la Commission « Partenaire » de Janvier 2008, montrait l’impuissance collective pour traiter des actions à entreprendre avec 15 producteurs d’artisanat avec auxquels Solidar’Monde ne pouvait plus raisonnablement passer commande.

Les instances nationales de la FADM sont insérées dans des réseaux axés sur le plaidoyer mais n’ont pas promu de liens suffisants dans le monde des ONGs, des bailleurs de fonds nationaux et des collectivités territoriales, afin de disposer de ressources et d’appuis techniques pour les producteurs du Sud. Peu de nouvelles alliances ont pu substituer celle avec le CCFD, rendue difficile avec l’affaire du rachat des actions de Solidar’MOnde. Pourtant, cet accompagnement au Sud est considéré comme le 3ième pilier du commerce équitable selon l’accord AFNOR défendu par la FADM !

La multiplication au sein du réseau ADM d’expériences sur le mode du Projet Ket Doan, conçus de façon souple et adaptées aux forces et aux alliances locales (avec les collectivités territoriales, ONGs locales etc.), aurait pu constituer une façon de réinvestir massivement les associations locales d’une fonction clef en matière de partenariats, avec des perspectives de re-dynamisation associative . Cette voie a pourtant été négligée comme l’indique la place secondaire que le Secrétariat National de la FADM a toujours donné à l’expérience pourtant prometteuse en Rhône Alpe.

Ainsi, hormis Parc cité plus haut, ainsi que quelques projets dans la durée , les relations qu’entretiennent les instances nationales de la FADM avec le Sud sont relativement éphémères ou ponctuelles : elles se limitent à des invitations à des évènements en France, des rencontres lors de réunions internationales, quelques visites sur place. Au niveau des Associations Locales, il existe bien de nombreux liens personnalisés, plus ou moins ponctuels, mais ils restent souvent dans l’ordre du vécu ou de coups de main, sans réussir à s’articuler à des actions communes de plus long terme et sans être véritablement socialisés dans le réseau Adm. Cet ensemble hétéroclite de relations permet-il de « bâtir un autre partenariat, humain, culturel, économique et social » auquel aspire le réseau Artisans du Monde ?

Bien que les producteurs du Sud soient le centre des motivations des bénévoles/militants et un argument invoqué pour défendre nombre de décisions, les producteurs « réels » et les partenariats « réellement existants », restent secondaires . En 2008, la « Commission Partenaire » s’interrogeait sur ce qu’était une relation de partenariat. Ce thème qui revient de façon cyclique dans les préoccupations de la FADM faisait déjà partie des questions explorées par l’étude d’impact (2003-2004), laquelle se référait à son tour à un document de l’an 2000 qui visait « à définir les enjeux et préciser les contenus de ce que Adm et les producteurs pourraient partager dans le cadre d’une relation de partenariat » .

L’élaboration d’une politique de partenaires par la FADM ou la mise sur pied d’un Comité d’Agrément ne font-ils pas partie des effets d’annonce alors que leur application réelle est difficile et qu’aucun mécanisme réaliste n’a été prévu pour le faire ? Dans le contexte de décroissance du chiffre d’affaire, quand les associations locales demandent toujours plus de qualité aux produits, quelles possibilités réelles d’avoir une gestion de partenaires qui ne correspondent pas seulement à des logiques commerciales ?

La logique dominante des instances nationales de la FADM est ici encore, celle de produire un discours général sur les producteurs et le partenariat dans une perspective de militantisme politique sans se préoccuper des liens avec le réel, qu’incarne par la force des choses Solidar’Monde. Les modalités selon lesquelles, en 2008, les instances nationales de la FADM ont abordé la question de la garantie au Sud en est typiquement le reflet.

Une garantie au Sud « virtuelle »

Les propositions que Solidar’Monde préparait depuis plus d’un an étaient simples et compréhensibles par tous : faire de la « garantie » non pas un système de contrôle spécifique et additionnel, mais le reflet de relations humaines, mettant au centre une véritable « éthique relationnelle » . Il s’agissait de mettre en application l’idée d’une relation entre égaux, en créant des droits et des obligations réciproques à Solidar’Monde et aux autres maillons de la chaîne, tout en renforçant progressivement les termes du partenariat. La mise en œuvre de cette dynamique sur un nombre petit, mais croissant, de producteurs parmi la centaine actuelle, permettait d’envisager des avancées concrètes, tout en le combinant avec le système d’évaluation mis en place au niveau de européen par l’EFTA pour les autres producteurs.

Ces propositions ont été balayées par les instances nationales de la FADM, qui ont choisi de soumettre à l’approbation de l’Assemblée Générale d’Aix en Provence un « référentiel » appelé « Filière Intégrée Commerce Équitable » (FICE) présenté comme la base du nouveau système de garantie. Ce nouveau système qui semblait oublier brusquement l’affirmation portée pendant deux ans (2006/2007) que l’appartenance à l’IFAT (la Fédération Internationale du Commerce Équitable) était la clef de voûte de la garantie au Sud, a été présenté comme devant ouvrir les portes à une reconnaissance de la Commission Nationale du Commerce Équitable.

Par un mimétisme étonnant ce référentiel ressemble aux référentiels de certification tel que celui de FLO (Max Havelaar) ou d’Ecocert, avec la différence qu’il est censé s’appliquer aussi au Nord, c’est à dire dans les Associations Locales. Il est constitué d’un ensemble de critères et d’indicateurs qu’il faudra auto-évaluer et soumettre, partiellement au moins, à un contrôle extérieur.

Est-il envisageable que des petites structures associatives et coopératives, et des PME qui composent les filières Artisans du Monde puissent consacrer un temps important à faire la preuve écrite de leurs pratiques, à produire des dossiers destinés à être contrôlé par d’autres ? Et quelle valeur peut-on attribuer à de tels documents quand l’expérience montre que les auto-évaluations des producteurs (comme celles du système de monitoring de l’IFAT ) n’ont pas de grande valeur. Il suffit de s’imaginer un temps soit peu son application avec les Associations Locales Adm (rebaptisées « Organisation de Distribution, d’Éducation et de Plaidoyer, ODEP ») pour comprendre que ce système, trop lourd, trop coûteux, ne sera jamais mis en œuvre ou de façon totalement cosmétique.

De plus, si à première vue tous les intervenants de la filière sont traités de la même façon, « l’audit interne » passe, dans le cas des producteurs, par une visite de contrôle faite par un représentant de la « filière intégrée » (au Nord donc), et donc, aux yeux de ces producteurs, est un audit externe ! En se ralliant à un système d’audit externe, Artisans du Monde est-il en train d’effectuer une rupture discrète par rapport à l’une des valeurs fondamentale du mouvement, ou suit-il sans beaucoup de créativité ce qui se fait dans les cercles dominants du commerce équitable ?

Le système de garantie FICE est un système « d’expert », requérant de la maîtrise de notions complexe et de sigles rébarbatifs. Le pouvoir de ce discours réside précisément dans sa capacité à rester difficilement compréhensible pour le commun des bénévoles/militant et des producteurs du Sud. Il déconnecte le « partenariat », de la « garantie » et de la relation commerciale, et suppose que l’ère de la confiance est révolue au profit de celle de la déclaration et du contrôle ! Le réseau Artisan du Monde semble ainsi à la traîne, et en porte à faux, par rapport aux innovations récentes de garantie participative que promeuvent, ou testent encore, d’autres réseaux de l’économie sociale et solidaire .

Seul point positif, le nouveau « référentiel » fait apparaître enfin le maillon « importateur-distributeur », absent jusqu’alors du système « critères au Nord, critères au Sud » ! Le prochain pas ne devrait-il pas être d’inclure aussi un 4ième acteur, les instances nationales de la FADM ou spécifiquement le Secrétariat National afin qu’elles ne continuent pas d’éviter des évaluations et des engagements en matière de démocratie, traitement des salariés, etc. ?

La confiance de l’acheteur potentiel dans le caractère équitable des filières Artisans du Monde proviendra-t-elle de l’existence de ce système de garantie et du logo « reconnu par la CNCE » ou plutôt de multiples détails qui rendrent crédible le fait que la démarche du réseau repose sur une véritable éthique et humanisme dans les relations avec le Sud et dans le fonctionnement associatif ?

Conclusion

Les évènements de Novembre-Décembre 2008 apparaissent en continuité avec ceux de 2005 qui avaient conduit au départ de Bernard de Boischevalier et contraint le CCFD à vendre ses actions. Une différence notable est cependant que cette fois ont été évincés des individus issus totalement du sérail Artisans du Monde, faisant apparaître une division, beaucoup plus marquée que jadis, au sein du réseau et des instances nationales .

Cette crise n’est-t-elle pas une conséquence du virage vers l’économie sociale et solidaire et vers l’alter-mondialisme ? Les nouvelles orientations militantes et politiques de la Fédération Artisans du Monde du début des années 2000, aurait contribué à miner la dynamique associative, en créant un fossé entre commerce et éducation/plaidoyer. Au fond le problème ne réside-t-il pas dans le fait que les membres et bénévoles « ordinaires » sont considérés par certains dirigeants et salariés du réseau avec un certain mépris, sont souvent infantilisés, et culpabilisés de ne jamais en faire assez ou en savoir assez. Cette domination passe d’autant plus inaperçue que les dites bénévoles sont en grande majorité des femmes.

Une partie des instances nationales de la FADM, aurait ainsi, par leurs décisions des derniers mois, cherché contre vents et marées à continuer à faire vivre ce projet de commerce équitable qui s’écroule doucement en interne, en empêchant la consolidation d’une proposition de travail alternative qui s’est cristallisée autour de Solidar’Monde, et, qui est plus basée sur la confiance et la participation des associations locales et des bénévoles. Cette recherche du pouvoir total nous rappelle un modèle du politique révolu : le projet de changer le monde que porte le mouvement Artisans du Monde justifie-t-il un tel décalage entre discours et pratiques ?

Réunir les équipes salariées sous une seule direction ou adopter un statut coopératif pour le réseau Artisans du Monde constitue une bonne solution mais ne résout pas en soi ni la question des liens que peuvent prendre engagement militant et activité commerciale, ni celle, difficile aussi, de l’ambivalence qui consiste à être à la fois pour Artisans du Monde à être « dans » et « contre le marché » , ni non plus, le nouveau mode de participation des Associations Locales avec. Les « dérives » du monde coopératif par rapport aux valeurs et au projet initial sont connues.

Si les deux équipes salariées devaient être réunies, sous la coupe de qui et autour de quelles nouvelles pratiques le seraient-elles ? Quelle éthique de la démocratie et de la participation doit-elle être inventée ? Comment contrôler le pouvoir de ceux qui parce qu’ils sont plus permanents que les autres accumulent informations, maîtrise des dossiers et alliances, et finissent par porter l’essentiel de la dynamique d’un mouvement. Qui détient et contrôle l’histoire du réseau ? Comment limiter les abus de pouvoir face à un bénévolat avec de forts taux de rotation où le mécontent préfère s’en aller ? Jusqu’à quel point les salariés peuvent-il tromper des bénévoles/militants eux même en partie consentants ? Et du coté des membres aussi, quels droits et quels devoirs doivent avoir les bénévoles/militants par rapport à leur Associations Locales, et aussi les Associations Locales par rapport à leur Fédération ? Comment rendre plus équitables les rapports entre salariés et bénévoles, permanents et ceux qui donnent moins de temps, bénévoles ordinaires et bénévoles plus professionnalisés/expérimentés ? Comment invente-t-on un droit différentiel à la participation et à la responsabilité ?

@ Thana et @ Tof

Bonjour à vous deux,

commentaires pour le moins surprenant et ce pour plusieurs raisons. Je m'explique...

Bien que ce que vous avancez pourrait être vraisemblable, il me semble toutefois que nous ne savons pas qui vous êtes, qui vous représentez et vous portez des accusations très graves à l'encontre de Solidar'Monde et d'Artisans du Monde... Il pourrait s'agir là de propos diffamatoires puisqu'il n'y a aucune preuve de tout ce que affirmez, notamment sur le coût du site d'artisans du monde et sur les produits vendus à pertes ou en faisant de très très grosses marges (pour ne soulever que ces deux points).

Bien entendu, je respecte votre point de vue et ne vais pas chercher à vous contre-dire vu la quantité d'informations que vous balancez sur la toile. Il m'apparait évident suite à votre lecture que vous tentez d'expliquer ce qu'il se passe à Artisans du Monde (la fédé), Solidar'Monde et les assoc' locales, finalement vous ne faites que jeter de l'huile sur le feu. "C'est en voulant faire le bien qu'on finit le plus souvent par faire le mal."

Vous êtes peut être membre d'une assoc' locale, de Solidar'Monde ou de la fédé, si c'est le cas, pourquoi nous faire part de tout ceci plutôt que le garder en interne, ne croyez vous pas que toutes ces problématiques que vous soulevez sont sensiblement les mêmes dans tous les autres organismes du commerce équitable (entreprises, associations, coopératives...) ?

Pour ma part, je vous trouve assez cruel avec le réseau qui a fait sans doute la majorité du travail de sensibilisation, d'éducation et même de revente. Cracher dans la soupe, me parait être plutôt malsain bien que parfois compréhensible.

Merci à vous de bien vouloir nous expliquer quel but vous poursuivez, d'où vous venez, et surtout comment avez-vous eu ces informations qui sont très importantes pour toutes les OCE dans leur compréhension du marché de l'équitable et des relations parfois houleuses qui peuvent exister en interne.

J'ajouterai qu'il serait judicieux de faire très attention lorsque l'on fait des allusions telles que les vôtres, des scandales menant parfois à des pertes commerciales sont déjà arrivées pour des commentaires beaucoup plus légers que les vôtres... on en arrive finalement à la question primordiale du commerce équitable : faut-il être transparent à 100% y compris lorsque l'on souhaite à notre échelle vouloir aider à changer le monde ?

Didier, ancien militant pour Artisans du Monde, ancien membre du Colecosol, ancien stagiaire dans une coopérative, ancien participant à une campagne pour Max Havelaar et aujourd'hui stagiaire dans une entreprise équitable...

‎- "To do is to be". Nietzsche
"To be is to do". Kant
- "Do be do be do". Sinatra

Bonjour
Je ne me présenterai pas comme un "je" mais comme un "nous". C'est pourquoi, nous vous indiquerons simplement que nous voyons les choses de l'intérieur et qu'avec les années nous sommes passés du militantisme salarié à l'écœurement le plus total...

Mais nous en avons encore beaucoup à vous apprendre, sur les comportements de certains bénévoles, qui traitent les salariés dans les boutiques AdM, moins bien que le personnel de chez « MacDo ».

Sur l’ex gérant de Solidar’Monde Jean François HOSCHET VERDIER, présenté par Christophe Maldidier comme une « potiche » au service de la Fédération AdM et qui a passé une partie de ses journées de gérant sur des sites internet de pêche, car il n’avait aucune marge de manœuvre : il devait sans doute se demander lui-même ce qu’il faisait là….

Sur l’ex gérant de Solidar’Monde Nicolas Sulmont, entré en fonction effectivement en juin 2007 mais remercié en 2009 présenté par Christophe Maldidier comme un sauveur : il a enchainé les erreurs et les fautes, tout en touchant un salaire confortable. Il a également réussi l’exploit, avec une belle manipulation du code du travail et le soutien du Conseil d’Administration de Solidar’Monde, à passer du statut de gérant non salarié (comme tous les gérants d’entreprise) à celui de salarié (Directeur Commercial), afin de pouvoir bénéficier des largesses du Pôle Emploi.

Il faudrait expliquer aux militants et aux clients du commerce équitable, comment peut on garder plusieurs mois un ex gérant pour qu’il touche le chômage, alors que l’entreprise rencontre de graves problèmes financiers, dont il est en partie responsable…

C’est ce que l’on appelle avoir « le beurre, l’argent du beurre, la crémière et la vache », pour les petits producteurs… Qu’ils se débrouillent. Dans d’autres milieux, même si les sommes sont très loin d’être les mêmes, on appelle cela un « parachute doré ».

Et le nouveau directeur me direz-vous ? Et bien comme nous vous l’expliquions précédemment, il semble que là aussi, il y ait beaucoup de choses à dire : il semble bien que le développement d’un site Ecommerce à 40 000 euros, alors que sur le marché on peut trouver les mêmes prestations pour moins de 10 000 euros, ne soit pas bon signe pour l’avenir. De toute façon, encore quelques heures et la liquidation judicaire risque d’être prononcée.

Alors effectivement, nous posons encore la question, bien loin des longs articles tels que ceux du Nouvel Economiste : où est le commerce équitable dans tout cela?

@Didier : merci pour ces deux commentaires. Je suis d'accord avec toi sur la nécessité de citer des sources notamment sur les données chiffrées. En revanche je ne crois pas qu'il soit nécessaire que Thana et Tof déclinent leur identité.

Les blogueurs ont encore droit à l'anonymat (pour l'instant) et cela doit donc s'appliquer aussi aux utilisateurs qui ne font que commenter. De plus, étant donné leurs propos, on peut se douter qu'ils ne sont pas en mesure de nous révéler leur identité sans prendre un risque, même très léger.

@Thana : je vais essayer de répondre point par point à tes deux commentaires. Je commencerais par critiquer ton point de vue de manière à équilibrer le débat qui est inexistant en l'absence de commentaires d'Artisans du Monde ou de Solidar'monde. Tu verras que je suis parfois dans l'incapacité de le faire car je ne connais pas Artisans du Monde de "l'intérieur".

1. Artisans du Monde propose des décompositions de prix disponibles en boutique et sur leur site internet. Tu trouveras notamment la décomposition du thé vert du Laos à cette adresse : http://www.artisansdumonde.org/images/stories/documents/partenaires/deco...

2. "Je passerai sur certains produits pour lesquels ils ne savent même pas eux-mêmes s’ils gagnent ou perdent de l’argent." : est-ce que ce n'est pas un peu exagéré ? A défaut de côtoyer les membres de la fédération Artisans du Monde je me rend régulièrement dans des boutiques locales d'Artisans du Monde. Je peux garantir qu'il leur faut moins de 10 minutes pour me donner le nombre de ventes pour un produit et la marge effectuée. Le coût d'importation étant en général bien connu je ne vois pas où sont les inconnues.

3. "Artisans du Monde se débarrasse du CCFD" : le problème venait d'une différence de points de vue entre le CCFD qui voulait commercialiser des produits en grande surface et Artisans du MOnde qui s'y refusait. Partant de là (et aucun accord n'étant visiblement possible) il n'est pas choquant que le CCFD ait vendu ses parts puisqu'il dispose de nombreuses activités qui ne dépendent pas de Solidar'monde. Ce n'est pas le cas d'Artisans du Monde.

"Très vite nos amis Italiens sont atterrés par les relations entre Solidar’Monde et Artisan du Monde : en 2009 ils ne viennent quasiment plus au CA. " : peux-tu nous donner quelques preuves de ce que tu avances ?

4. "Artisans du Monde décide que Solidar’Monde va devoir augmenter le montant de sa cotisation de droit d’utilisation de la marque Artisans du Monde" : à l'époque je crois savoir que la situation de la Fédération Artisans du Monde était assez inquiétante. C'est l'un des moyens utilisé pour renflouer les caisses... car comme tu l'as dit Artisans du Monde défend aussi un projet éducatif qui ne doit pas particulièrement passer après la vente.

"Artisans du Monde demande de grosses facilités de paiement pour les boutiques du réseau" : cela peut s'avérer très positif pour Solidar'monde ! Les facilités de payement incitent les boutiques du réseau à commander leurs produits chez Solidar'monde et non à une autre centrale d'achat. Cela suppose donc une augmentation des ventes pour Solidar'monde et aussi du chiffre d'affaire.

5. "son personnel était au bord de la crise de nerf" : encore une fois je ne peux pas m'aventurer sur ce point. Je ne suis pas au courant des ces incidents. Qu'appelles tu des "intervenants extérieurs" ?

6. "Cinq directions différentes se sont succédé en moins de 4 ans." : c'est malheureusement fréquent lorsque la situation est difficile. On demande aux responsables de redresser la situation en quelques mois... même si c'est impossible. C'est probablement une erreur de changer si souvent la direction mais c'est la norme dans le monde de l'entreprise.

7. "’achat des gammes de cométiques achetées au partenaire italien" : peux-tu citer la marque ? Natyr ? Si c'est le cas le label bio n'est pas apposé sur les emballages quand ils sont vendus en France. De plus je doute de l'utilité d'une étude de marché alors que Alter Eco avait déjà lancé une gamme de cosmétiques en 2006 qui avait rencontré un franc succès. En lançant la gamme en 2007 Artisans du Monde n'a fait que rattraper sont retard.

8. "40 000 euros pour un site e-commerce qui sur le marché des agences web, aurait été normalement vendu entre 5 000 et 8 000 euros." : peux-tu nous fournir un document qui évoque ces 40000€ ?

Je passe à ton deuxième commentaire.

9. "afin de pouvoir bénéficier des largesses du Pôle Emploi" : c'est peut-être la preuve qu'Artisans du Monde et Solidar'monde ne licencient par n'importe comment et cherchent à offrir le meilleur départ possible à leurs salariés quand ils sont obligés de s'en séparer.

10. "la liquidation judiciaire risque d’être prononcée" : tu dois en savoir plus que moi sur le sujet. La liquidation a-t-elle été prononcée ? Est-ce que pour cela (en partie) que tu divulgues ces différents informations ? Pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ?

11. "où est le commerce équitable dans tout cela" : au pire, il est toujours présent du côté d'Artisans du Monde...

@Thof : j'ai lu en entier ton commentaire (plutôt long). Je n'ai pas le temps d'y répondre ce soir. Je te promet de le faire dès demain. De toute façon les réponses que j'ai donné à Thof répondent à certains points.

Président de l'association Ekitinfo.
Un nouveau regard sur le commerce équitable

Nous comprenons tes réponses et ton point de vue, puisque tu es à l'extérieur de tout cela, pour les preuves c'est très simple, elles sont dans les PV du conseil d'administration et dans la comptabilité de Solidar'Monde et d'Artisans du Monde...

Pour votre information à tous, les décompositions de prix sont faites à la louche... Et même si les bénévoles en boutique peuvent donner une décomposition, les chiffres viennent de Solidar'Monde.

L'absence des italiens au CA c'est dans les PV.

Pour ta réponse "9", sache que c'est à la limite de la légalité et que certains personnels de Solidar'Monde ou d'Artisans du Monde auraient aimés avoir droit à autant de largesses.

Nous sommes attendris par ton dernier commentaire, le commerce équitable toujours présent du côté d'Artisans du Monde.

Mais bientôt la liquidation risque d'être officielle et elle prouvera la véracité de nos propos.

PS. On vous garde un cadeau pour la fin !

Bonjour à vous tous !

Chic on aime les cadeaux, mais je ne sais pas pourquoi j'ai l'impression que ce cadeau pour la fin ne nous fera pas plaisir...

J'espère vraiment que la liquidation judiciaire ne menace pas Solidar'Monde, je ne peux pas accepter que ce réseau soit éteint...

‎- "To do is to be". Nietzsche
"To be is to do". Kant
- "Do be do be do". Sinatra

@Thana : comme Didier je redoute un peu votre cadeau... Je n'ai pas l'impression que vous ayez donné votre avis sur d'autres sites sur Internet. Pourquoi avoir choisi Ekitinfo ? Par hasard ? Vous connaissiez déjà le site ?

@Didier : la liquidation judiciaire menace Solidar'monde depuis un certain temps. C'était même le titre d'un article sur Ekitinfo : Solidar'monde risque la liquidation judiciaire. Maintenant je pensais que les choses allaient mieux... notamment après le coup de fil de Jean Marc Brunet qui avait été très rassurant.

@Thof : comme promis, des réponses... et des questions :)

1. Tu parles du prêt de 100 000 euros que devait effectuer la Nef en 2009 ? Ils ont été versés je crois. Ils sont venus en complément d'une aide financière des associations locales Artisans du Monde.

2. Je ne connais pas bien le marché belge mais je n'ai jamais entendu Oxfam déclarer qu'il vendait des produits en grande surface. Des textes comme La grande distribution pour les nuls me font même dire qu'ils ne portent pas dans leur cœur ces grandes enseignes. De même Altro Mercato (Italie) est au conseil d'administration de Solidar'monde et ne semble pas favoriser la commercialisation en grande distribution.

3. "même si nul ne connaissait vraiment les implications concrètes que cela allait ou pouvait avoir dans le fonctionnement du réseau et des associations locales." : les débats à l'occasion de cette décision ont été nombreux. La préparation de l'Assemblée Générale a été faite plusieurs mois en amont et les associations locales (en tout cas celles que je connais) se sont fortement impliquées. Elles ne sont pas restées dans le vague et ont posé de nombreuses questions à la Fédération Artisans du Monde.

4. "La nomination d’un Directeur « potiche Â», dont la qualité la plus marquante était sa docilité vis à vis de la FADM" : propos à la limite de la diffamation non ?

5. "société anonyme à conseil d’administration" : comment Solidar'monde était dirigé avant ? Par un directoire et un conseil de surveillance ? Si c'est le cas le passage au conseil d'administration n'est pas forcément une mauvaise chose. Je crois que c'est le mode de fonctionnement le plus fréquent dans les entreprises françaises.

6. "les questions commerciales ont toujours été reléguées à un deuxième plan pour la FADM" : je ne sais pas si c'est le cas. Maintenant les membres du bureau de la Fédération n'ont pas de compétences particulières dans le domaine de la vente. Est-ce que ce n'est pas à Solidar'monde de faire des propositions ? Solidar'monde possède son propre CA. Il peut donc agir relativement seul non ?

7. "perdre le monopole de leur liens avec les associations locales" : je ne crois pas que ce soit là un objectif pour la Fédération Artisans du Monde. Surtout qu'ils ne pourraient rien tirer de ce monopole ! Je crois savoir aussi que les association locales possèdent les coordonnées des salariés de la Fédération mais aussi de ceux de Solidar'monde. Ils peuvent donc les appeler en cas de besoin...

8. "’impuissance collective pour traiter des actions à entreprendre avec 15 producteurs d’artisanat avec auxquels Solidar’Monde ne pouvait plus raisonnablement passer commande" : il fallait donc les abandonner ? Est-ce qu'on ne remet pas en cause la relation durable posée dans les principes du commerce équitable ? Comment définir la limite à partir de laquelle on rompt la relation ?

9. "Par un mimétisme étonnant ce référentiel ressemble aux référentiels de certification tel que celui de FLO (Max Havelaar) ou d’Ecocert" : cela peut s'avérer intéressant sur le chemin d'une certification universelle (au moins nationale) du commerce équitable. De plus cela évite à Artisans du Monde de prendre le risque d'inventer un nouveau référentiel où il risque de s'enfoncer dans des difficultés.

10. "sont considérés par certains dirigeants et salariés du réseau avec un certain mépris, sont souvent infantilisés, et culpabilisés" : difficile à prouver...

11. Ta conclusion est très intéressante. Tu poses des questions pertinentes que tout bénévole a déjà entendu. Tu n'y as pas répondu et je pense que tu as raison. Je ferais donc de même.

Président de l'association Ekitinfo.
Un nouveau regard sur le commerce équitable

Toujours pas de surprise (même désagréable)

‎- "To do is to be". Nietzsche
"To be is to do". Kant
- "Do be do be do". Sinatra

Information ou intox : mais dans quel but ?

Je reprends presque au hasard :

"" Seconde étape, Artisans du Monde se débarrasse du CCFD (Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement), membre du Conseil d’Administration, qui soutenait ce même gérant et continuait de les empêcher d’avoir le complet pouvoir sur la centrale d’achats.
Suite à cela, des échanges que nous aurions pu retrouver dans le monde des « traders » et de la finance ont eu lieu, poussant le gérant historique à la porte et écartant complètement le CCFD ainsi que certains petits associés (bénévoles des boutiques Artisans du Monde entre autres, qui avaient apporté des capitaux personnels au moment de la création de Solidar’Monde). ""

== pouvez-vous préciser , madame-monsieur si bien informé(e), que le CCFD ayant acheté des actions sous la présidence du 1er dirigeant à très bas prix, a voulu vendre à un prix intégrant toutes les plus-values des dividendes jamais distribués depuis la création de la société ?
== pouvez-vous nous dire si sous le règne de ce 1er dirigeant salvateur la décomposition des prix était exemplaire (cf paragraphe précédent la citation) ?

""En 2007-2008, alors que les caisses de Solidar’Monde ne tournent plus que sur les acquis des années précédentes et que le chiffre d’affaires est en chute libre""

== pouvez-vous calculer que les ventes de 2007-08 étaient 5% supérieures à celles de 2004-05 ?

""Dans le même temps, Artisans du Monde demande de grosses facilités de paiement pour les boutiques du réseau, ce qui ne fait que creuser le déficit de la centrale d’achats, notamment car certaines boutiques ne respectent pas leurs délais de paiement.""

== Les boutiques du réseau ont toujours eu 30 jours fin de mois : est-ce anormal ? Quand aux mauvais payeurs, s'il y en a, le fournisseur est toujours en position de stopper les livraisons ...
Pouvez-vous préciser que les clients Artisans du monde ont volontairement fait de nombreuses avances sur commande afin de renflouer leur société, et que tous les apports de capitaux temporaires ou définitifs sont sans rémunération : est-ce que ce sont des conditions déloyales ?

Alors info ou intox : je vous laisse le choix . Le meilleur choix ne serait-il pas d'arrêter ce déballage peu reluisant . Le but est - il de montrer qu'il y a des bons et des méchants , ou des performants et des incompétents ? Ce n'est pas ainsi que vous y parviendrez et personne n'en sortira grandi

Je vous propose un défi plus motivant : retrouvons le sens du sous-titre d'ekitinfo "le meilleur du commerce équitable" , ne nous trompons plus de cible.

Une jolie réponse que voilà ! si je pouvais me permettre une critique, cela ne va faire qu'alimenter le débat... Juste choix de publier un commentaire de réponse, les arguments sont biens choisis, la méthode est bien affuté " reprendre une phrase, la transformer en question" et y répondre soit même. ceci étant dit je suis d'accord avec la réponse que vous proposez et les questions que vous soulevez de nouveau.

Par contre, si je peux me permettre, je pense que bien au contraire si on répond intelligemment comme vous l'avez fait, (bien que seulement en partie) cela peut amener aux lecteurs plusieurs sons de cloches et lui donner son avis. Après tout doit on réellement toujours dire que le commerce équitable c'est bien et qu'il n'y a pas de problème, ou bien peut on de temps à autre montrer non pas que le meilleur du commerce équitable, et ainsi élever le débat sur des questions fondamentales. N'oublions pas que le sous titre d'ekitinfo.org " le meilleur du commerce équitable" ne signifie aucunement pour moi que ne seront traités que les choses merveilleuses qu'il y a dans le commerce équitable,. cette petite perle sur la toile, mérite définitivement son titre " ensemble, comprenons le commerce équitable" et personnellement je ressort au moins un tout petit peu grandi de ces différents (longs) commentaires (qu'ils soient d'info ou d'intox) sur cette page, bien que tant que rien n'est prouvé je n'en garde que le meilleur. (justement)

Merci à vous pour cette réponse et félicitations pour votre premier commentaire !

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Droit de réponse de la fédération Artisans du Monde et de Solidar'Monde

Bonjour,

Nous ne répondrons pas aux violentes accusations portées par les mails de certains de vos lecteurs. L’objet d’un site tel que le votre n’étant pas, selon nous, d’assurer la publication des griefs internes d’organisations, nous ne souhaitons pas concourir à ces dérives.

De plus, ces débats/échanges/positions (qui datent de 2 ans déjà) sont du ressort de la vie interne d'un mouvement, la frustration individuelle ne pouvant pas remettre en cause les décisions démocratiques et collectives d'un mouvement.

En tant que dirigeants de la fédération Artisans du Monde et de Solidar’Monde, nous tenons donc à préciser que les travaux qui guident aujourd’hui les activités du mouvement Artisans du Monde sont : renforcer la garantie (à ce titre, les décompositions de prix réalisées ce jour sont basées sur de vraies analyses de prix), sécuriser la pérennité économique de l’entreprise Solidar’Monde (rationalisation des achats, baisse des coûts de structures, optimisation des produits, développement de nouveaux canaux de diffusion des produits – site de vente en ligne, cash et carry pour professionnels). La situation de Solidar’Monde est aujourd’hui encore tendue économiquement, comme pour l’ensemble de nos confrères.

Nous déplorons que les commentaires autorisés par votre site soient discriminatoires et que votre site devienne une tribune pour règlements de compte. L’heure actuelle n’est pas aux règlements de comptes. Un site d’information ne saurait être le défouloir pour certaines personnes qui sont peut-être membres de notre mouvement mais qui ne représentent qu'eux-mêmes alors que la quasi totalité des 6800 adhérents et militants affiche quotidiennement leur fierté d'être partie prenantes de ce mouvement.

Plus que jamais, nous avons besoin du soutien de tous : par l’achat de nos produits équitables, via les magasins, via le site de vente en ligne / par le don pour le développement de campagnes d’éducation, de plaidoyer et l’appui aux partenaires.

Cordialement

Les directions de la fédération Artisans du Monde et de Solidar’Monde

Les deux parties s'étant exprimés nous fermons les commentaires sur ce post. Nous rappelons que ekitinfo.org reste un lieu ouvert à tous, même à ceux qui critiquent le commerce équitable. Dorénavant notre politique éditoriale consistera à supprimer tout commentaire ad hominem.

L'équipe d'Ekitinfo