Augmentation de 24% du prix minimum du coton

Depuis le 1er Juillet 2008, de nouveaux prix pour le coton-graine équitable bio et conventionnel ont été mis en place par Max Havelaar. L’objectif : mieux coller à la réalité du terrain.

Coton équitable

Le coton dans le monde

Si la consommation mondiale de coton dans le monde n’a pas cessé d’augmenter depuis les années 1980, le cours du marché a lui baissé progressivement.

En cause, la domination excessive de quatre pays : l’Inde, le Pakistan, la Chine et les Etats-Unis qui représentaient les deux tiers de la production mondiale en 2005. Parmi eux, les Etats-Unis pesaient pour près de 37% dans le marché mondial ! Et cela uniquement grâce aux subventions de l’Etat (leur coût de production étant évidemment très élevé).

Depuis, malgré la condamnation des Etats-Unis par l’OMC en juillet 2004, la situation n’a pas changé, et les petits producteurs sont toujours en forte difficulté dans ce marché volatil.

Or, de nombreux pays d’Afrique (notamment) dépendent de leurs exportations de coton qui vont jusqu’à représenté 51% des exportations totales du Burkina Faso en 2005 ! On peut ainsi estimer qu’environ 16 millions de personnes dépendent directement ou indirectement de la culture du coton en Afrique.

C’est probablement cette situation alarmante qui avait poussé Max Havelaar a lancé une filière de coton labellisé en 2005 et qui l’amène aujourd’hui a préciser sa politique de prix minimum équitable dans le monde.

Le choix de Max Havelaar

Depuis le 1er juillet 2008, ce n’est en effet plus un, mais six prix minimum qui ont été fixé par FLO en fonction des régions du monde . Le monde équitable du coton est donc désormais divisé en six : Amérique du Sud et Amérique Centrale, le Nord de l’Afrique, l’Afrique de l’Est, l’Afrique de l’Ouest et Centrale, l’Asie du Sud et le Kirghizstan.

L’objectif de cette décision prise le 3 juin dernier est ainsi de garantir un prix juste à tous les petits producteurs qui doivent pouvoir dégager une même marge alors que les conditions de production, les contextes climatiques et économiques ne sont pas les mêmes selon les régions .
Elle s’accompagne par ailleurs d’une augmentation moyenne de 24% des minima par rapport à ceux utilisés durant l’année 2007.

Max Havelaar profite aussi de cette nouvelle pour nous rappeler les profondes différences qui existent entre le marché traditionnel et le marché du commerce équitable puisqu’au cours de la récolte 2005-2006, le revenu des paysans vendant dans les conditions du commerce équitable était de 40 % supérieur à ceux qui vendaient dans les commerce conventionnel, et de 70 % au Mali.

Et c’est peut-être cette différence financière qui poussera les producteurs à s’orienter vers une agriculture durable et non vers la culture des OGM qui est en malheureusement en pleine expansion dans le monde.


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