Avec le commerce équitable, le cacao d'Haïti s'offre un avenir

Une histoire de gourmands et de solidarité est en train de s’écrire : les premières tablettes fabriquées à partir de chocolat haïtien sont disponibles en grande surface et chez certains chocolatiers fins. Une première et une réussite majeure du commerce équitable : jusqu’alors, le cacao haïtien n’était pas exporté en Europe.

Déforestation à Haïti

Quelle est donc l’histoire de ce cacao ? C’est ce que Wilfrid Noel, producteur de ce cacao et Guito Gilot, gérant de coopérative Haïtienne, viennent expliquer en France du jeudi 6 au dimanche 23 mai dans le cadre de rencontres organisées par Ethiquable pour la 10ème Quinzaine du commerce équitable.

Agenda

Le jeudi 6 mai au matin, les producteurs visitent la Chocolaterie du Pecq au Pecq dans les Yvelines (78). Ils assistent à la transformation de leur cacao qui sera commercialisé chez des chocolatiers fins. Ils visitent la boutique Chocolat Bellevue à Meudon (92) qui propose d’ores et déjà une tablette Haïti. Ils se rendent également dans un supermarché (Simply Market à St Germain-en-Laye ou Shopi à Sèvres) où la tablette Ethiquable est commercialisée.

Le samedi 8 et le dimanche 9 mai : les producteurs sont présents au Brunch organisé par l’association Max Havelaar au Parc de la Villette à Paris et au Forum National pour le commerce équitable de Lille organisé par la Plate-forme Française pour le commerce équitable.

Le lundi 10 mai : les producteurs interviennent aux côtés de Patrick Devedjian, Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, qui présente sa participation au projet : le financement à l’ONG AVSF qui a appuyé les producteurs haïtiens, ainsi que la mobilisation des artisans chocolatiers des Hauts-de-Seine.

Jusqu’au 23 mai : ils interviennent dans des écoles et des lycées

Valoriser le cacao, c’est lutter contre la déforestation

Le fléau des campagnes haïtiennes est la déforestation. La raison est simple : le seul combustible accessible en Haïti est le charbon de bois, donc les arbres. A chaque crise de l’économie locale, les paysans s’appauvrissent et sacrifient les arbres qui protègent leur lopin de terre. Les conséquences sont également simples : une érosion alarmante et une fertilité dramatiquement en baisse. La terre fertile de l’île s’écoule dans la mer.

Pour préserver l’environnement, toutes les études pointent la nécessité d’un couvert arboré productif. Autrement dit, rien ne sert de planter des arbres si ces arbres ne procurent pas un revenu aux habitants.

C'est là que le commerce équitable intervient ! Les cacaoyers, s’ils assurent une source de revenu stable et garanti comme dans le commerce équitable, sont un frein à la coupe sauvage. Les producteurs de la FECCANO pratiquent, ce que les agronomes appellent, l’agroforesterie : une gestion des exploitations agricoles qui intègre les arbres comme vecteur de fertilisation des terres, de préservation de la biodiversité et de lutte contre l’érosion. Une véritable politique du cacao (et du café) serait une réponse à grande échelle de la dégradation de l’environnement en Haïti.

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