Deux villes équitables : La Pêche et Wolfville

Malheureusement cela ne se passe pas en France, mais au Canada. Ces deux villes ont en effet été certifiée par TransFair Canada « Villes équitables » au cours de l’année 2007. Mais qu’est que cela implique précisément ?

Fair Trade Town

Les conditions

Le concept des villes équitables est né en 1999, en Angleterre, dans la ville de Garstang, où Oxfam avait lancé une campagne visant à transformer cette petite ville de 5000 habitants en la première ville équitable du monde. Et, les contacts avec les habitants, les commerçant et le entrepreneurs avaient en effet permis d’accroître sensiblement la sensibilisation au commerce équitable dans la ville, poussant même le ministre du développement international a venir plébisciter cette initiative.

Or, c’est ce concept qu’a repris TransFair Canada (organisme de labellisation), en proposant à toutes les villes Canadiennes qui le souhaitent de devenir des villes équitables. Pour cela, six objectifs de base doivent être remplis… et bien plus si possible !

1) Soutien des autorités locales
- Le conseil municipal local adopte une résolution d’appui au commerce équitable.
- Le gouvernement local convient d’acheter exclusivement du café, du thé et du sucre certifiés équitables, et autres produits certifiés équitables, pour tous leurs événements et réunion.
- Le conseil municipal local confie les responsabilités liées à la campagne sur les villes équitables à un membre du personnel ou à un comité, en vue d’assurer un engagement continu à l’égard du statut de ville équitable.

2) Disponibilité des produits certifiés équitables dans les magasins et cafés
- Au moins (X) * magasins locaux et supermarchés (magasins de détail) offrent deux produits certifiés équitables ou plus.
- Au moins (Y) restaurants et cafés locaux (services de restauration) servent deux produits certifiés équitables ou plus.

* Population de moins de 10 000 h. X = 1 magasin de détail par 2 500 h, Y = 1 service de restauration par 5 000 h.
Population de moins de 200 000 h.= 1 magasin de détail par 5 000 h. Y= 1 service de restauration par 10 000 h.
Population de moins de 500 000 h. : X= 1 magasin de détail par 10 000 h. Y= 1 service de restauration par 20 000 h.

3) Soutien des milieux de travail, des groupes à caractère religieux et des écoles
- Un certain nombre de lieux de travail locaux servent des produits certifiés équitables, et en font la promotion.
- Un certain nombre d’institutions religieuses locales servent des produits certifiés équitables, et font la promotion du commerce équitable par le biais d’activités éducatives et promotionnelles.
- Un certain nombre d’écoles et universités locales offrent des produits certifiés équitables, et font la promotion du commerce équitable au moyen de programmes éducatifs et d’activités visant à sensibiliser le public.

4) Les médias et le grand public
La campagne est couverte par les médias et obtient le soutien du public. Des événements sont organisés en vue de sensibiliser le public aux problématiques liées au commerce équitable, et de célébrer la campagne, les entreprises et les organisations qui y participent, et les objectifs au fur et à mesure qu’ils sont réalisés. Les événements relatifs à la campagne sur les villes équitables sont couverts dans des articles de journaux, à la radio et à la télévision, de même que dans des listes de diffusion.

5) Travailler ensemble pour maintenir le cap
Un groupe directeur du commerce équitable se réunit aux fins d’assurer un engagement continu au statut de ville équitable. Ce groupe doit comprendre une vaste représentation de membres de la communauté, et devrait idéalement inclure un représentant du conseil, des militants, et des gens représentant les écoles, églises et entreprises de la région.

6) Consommation éthique et durable
D’autres initiatives sont mises de l’avant dans et par la communauté, afin d’accroître la sensibilisation du public et de promouvoir la consommation durable et l’achat éthique. Ces initiatives pourraient comprendre des événements et programmes visant à réduire la consommation globale et à promouvoir des produits biologiques, non produits dans des ateliers de misère, éco-énergétiques, produits localement, etc.

A ces différents objectifs, TransFair en propose de nombreux autres, centrés principalement sur la communication : d’où viennent les produits ? Qu’est-ce que le commerce équitable ? Et plus simplement s’afficher au maximum comme une ville équitable.

L’impact

Si le théorique semble particulièrement intéressant, que se passe-t-il sur le terrain ? Pour en savoir un peu plus, je vous propose ici quelques extraits d’une interview du maire de La Pêche réalisée par le Québec MUNICIPAL et l’avis de quelques habitants, paru sur Radio-Canada.

Pour commencer, il est bon de savoir que La Pêche est la première ville du Québec à être devenu une ville équitable, et cela précisément le 9 novembre 2007.

On apprend ainsi par le Maire que l’initiative ne provient pas réellement du conseil municipal, mais plutôt des habitants de la ville « qui sont sensibles à la consommation durable et à l'amélioration du mode de vie des travailleurs dans les pays en voie de développement.»
C’est probablement pour cette raison que les différents témoignages recueillis ne voient pratiquement que les aspects positifs de cette démarche.

« Quand ils viennent acheter de moi, je peux dire comment c'est produit, où c'est produit, comment l'utiliser . C'est des choses que tu ne peux pas avoir au supermarché », soutient Neil Woods, un producteur de légumes de la région.

Et pour Anne Winship, propriétaire de Bean Fair, une petite entreprise qui commercialise du café Arabica équitable, « si [les produits] coûtent un peu plus, c'est aussi un meilleur goût parce qu'ils sont beaucoup plus frais que des choses qui viennent de l'autre côté de l'Amérique du Nord », souligne-t-elle.

Mais en plus de ces différents commerçants impliqués de longue date, le projet pousse certains à s’engager en faveur du commerce équitable, comme le fait Marc Fournier, de la confiserie Wakefield, qui répartit l’achat de ses produits de cette façon : « 50 % autant local que possible et 50 % de ce qui est disponible sur le marché. Et là, on veut aller à 100 % produits canadiens. On cherche même des pots de vitre qui sont faits au Canada, ce qui semble être une chose impossible ».

Et enfin, pour toute les municipalités canadiennes qui souhaiterais devenir des Villes équitables, sachez que, d’après le Maire, « il ne s'agit pas d'une procédure administrative lourde et on peut passer à travers les étapes à réaliser assez rapidement. »

Une bonne nouvelle quand on sait le nombre de dossier que l’on doit parfois remplir pour une certification !

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