Equiterre lance un guide sur la mode éthique
Equiterre lance pour la deuxième année consécutive son « Guide du vêtement responsable ». L'objectif ? Expliquer les enjeux sociaux et environnementaux des choix vestimentaires pour favoriser l'achat de vêtements équitables ou biologiques. Pour cela Equiterre propose des exemples concrets, des explications sur les logos et des moyens d’action à travers 26 pages.
« Quand on apprend qu'un Québécois moyen achète 23 kilos de vêtements neufs et en envoie 21 au rebut à chaque année, il devient évident qu'il faut revoir notre vision de la mode et nos habitudes de consommation en tant que société », explique Andréanne Leclerc Marceau, agente d'information en commerce équitable d'Équiterre. « Le Guide du vêtement responsable a été créé pour mettre en lumière toutes les options qui s'offrent aux consommateurs en matière de vêtement pour encourager l'économie locale, respecter les travailleurs du Sud et l'environnement », ajoute-t-elle.
Voici donc quelques extraits de ce guide qui est disponible en ligne gratuitement.
Les enjeux sociaux du vêtement
Devant l'affluence de vêtements bon marché produits dans les pays du Sud et l'engouement des consommatrices et consommateurs pour le prix le plus bas, les entreprises du Nord se voient contraintes de fermer leurs portes ou de se délocaliser au Sud afin d’abaisser leurs coûts de production.
L'impact de cette pratique est aussi négatif dans les pays du Sud. Pour se démarquer des autres pays et attirer les entreprises étrangères, ces derniers développent des zones franches (zone dérèglementée où les entreprises ont droit à des infrastructures gratuites, à des exemptions de taxes, à la quasi-absence d’exigences environnementales, etc.) et intensifient la pression à la baisse sur les conditions de travail.
De nos jours, plus de 43 millions de travailleurs et travailleuses œuvrent dans ces zones franches
d’exportation. Conséquemment, les travailleuses et travailleurs du vêtement de partout dans le monde se font désormais concurrence pour obtenir des emplois qui n’offrent que des conditions de misère : salaires minables, heures supplémentaires obligatoires et non payées, absence de mesures pour la santé et la sécurité au travail, représailles antisyndicales, travail des enfants, licenciement en cas de grossesse, etc.
La coopérative CHETNA-Organic
En Inde, la coopérative CHETNA-Organic est une entreprise certifiée équitable appartenant à ses
1500 producteurs membres auxquels elle fournit divers services (formations, assistance technique, programmes de microcrédits, etc.). Elle utilise le commerce équitable comme moyen de transition vers l’agriculture biologique afin d’assurer un revenu stable durant la phase de conversion.
En 2006, les producteurs de CHETNA recevaient 0,70 $ le kilo contre 0,37 $ le kilo pour du coton conventionnel. Ce montant (0,70 $) incluait une prime équitable utilisée par la coopérative pour réaliser différents projets communautaires comme la construction de canaux d’irrigation ou l’achat de matériel scolaire.
Un nombre croissant de producteurs pratiquent l’agriculture biologique grâce à des techniques efficaces et écologiques comme la rotation des cultures, la substitution des pesticides par des extraits naturels et l’utilisation de prédateurs naturels.
Les enjeux environnementaux du vêtement
Passez à l’action !
Pour réduire son impact environnemental, le meilleur choix demeure toujours de réduire sa
consommation et de favoriser la réutilisation. « Un gilet de moins » vaut mieux pour l’environnement qu’« un gilet bio de plus » . Une multitude d’options s’offrent à vous pour agir à la base de votre consommation, là où l’impact environnemental est le plus direct.
La marque du vêtement a une influence déterminante sur les conditions dans lesquelles il a été produit. Des «ateliers de misère» peuvent exister au Québec - il s’agit souvent de travail précaire effectué à domicile par de nouvelles arrivantes - et, à l’inverse, la fabrication de certains produits à l’étranger peut être accomplie dans le respect des travailleurs et des travailleuses. Il faut donc avant tout se renseigner sur la compagnie que l’on choisit d’encourager.
Et lorsque la vie de votre vêtement tire à sa fin :
- Plutôt que de se débarrasser de vos vieux vêtements en les envoyant vers les pays dits
«en développement», mieux vaut les réutiliser ici. Le don de vêtements à l’international nuit grandement aux producteurs locaux du pays « bénéficiaire ». Ceux-ci peuvent être offerts à des friperies ou récupérés pour de l’éco-design.
- Avant de jeter un vêtement à la poubelle, faites-en des linges ou des guenilles. Le coton des
t-shirts est idéal pour laver les vitres !
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