[Exclu] Les coulisses du procès Max Havelaar/Christian Jacquiau

« Max Havelaar fait travailler des quasi-esclaves ». Cette phrase est parue en 2008 dans une interview du magazine « L'écho des savanes » n°269. L'interviewé n'était autre que Christian Jacquiau, l'auteur du livre très critique vis à vis du système Fairtrade/Max Havelaar : « Les coulisses du commerce équitable ». En réponse à ces propos Max Havelaar France a porté plainte contre Christian Jacquiau et a demandé 100.000€ en réparation du préjudice moral. Problème : Christian Jacquiau nie avoir tenu ses propos ! Pour éclaircir cette affaire j'ai notamment interviewé Christian Jacquiau, Max Havelaar France et Fred Neidhardt (l'auteur de l’interview).

Escro-logie

Dernière minute : Christian Jacquiau met en garde Ekitinfo !

L'article que vous lirez ci-dessous n'est pas celui que j'avais écrit initialement. En effet, après avoir reçu mon article pour relecture avant publication, Christian Jacquiau m'a interdit d'exploiter les propos qu’il avait tenu lors de mon interview. Il s'explique ainsi dans son mail : « votre projet d'article comporte nombre de contre-vérités, d'affirmations tendancieuses et d'éléments qui, sortis de leur contexte, confinent véritablement à la caricature me concernant et relèvent davantage de la désinformation que de l'information ». J'ai donc été obligé de supprimer ses propos.

Mais Christian Jacquiau ne s'est pas arrêté là. Dans le même mail, daté du 24 février, en copie duquel figurait son avocat, il a expressément mis en garde Ekitinfo : « J'attire par ailleurs votre attention, en votre qualité d'éditeur, sur la responsabilité qui est la votre de publier les mensonges de Monsieur Neidhardt, tels que reproduits dans le texte que vous m'avez adressé. C'est donc en connaissance de cause que vous le ferez, si vous devez le faire ». Malgré cet avertissement on ne peut plus clair, j'ai décidé de publier l'article.

L'avant-procès

Christian Jacquiau a-t-il tenu ces propos ?

Christian Jacquiau affirme qu’il n'a jamais tenu les propos qu’on lui prête dans « L'écho des savanes ». Pour preuve il rappelle qu'à la page 212 de son livre « Les coulisses du commerce équitable » il précise : « pour qu'un coton soit équitable, selon Max Havelaar, il faut qu'il réponde à plusieurs exigences : [...] garantir le respect des droits fondamentaux des personnes et refuser l'exploitation des enfants, du travail forcé, de l'esclavage... ». Sa ligne de défense est donc simple : pourquoi aurait-il dit dans une interview ce qu’il n’a pas écrit dans son livre ?

De l'autre côté, Fred Neidhardt, l'auteur de l’article, est tout aussi catégorique : « J'ai repris mot pour mot ses propos : « Cet organisme ne s'adresse qu’aux producteurs, mais ignore les salariés de ces producteurs. Ils font travailler des quasi esclaves sur les sites de production, parfois des femmes au corps rongé par les produits chimiques. » La proposition « Max Havelaar fait travailler des quasi esclaves » est parue en exergue, elle reprend en la contractant la phrase précédente (selon le principe de l'exergue). Je ne vois pas pourquoi j'aurais inventé ça. Je me rappelle même avoir essayé, devant ses propos très remontés, de lui faire mettre de l'eau dans son vin (bio), genre "Ok Max Havelaar n'est pas parfait, mais c'est mieux que rien, non ?" Mon objectif était de faire avancer le débat, et pas de monter à tout prix les contradicteurs l'un contre l'autre ».

Claude Maggiori, l'actuel rédacteur en chef de L'écho des savanes a déclaré « Les propos ont été visiblement mal retranscrits. Chez Glénat, personne ne s’est penché sur la question. Je ne peux même pas dire que Jérôme Bonnet [rédacteur en chef adjoint au moment de l’interview] ait fait une bêtise, je n'en sais rien ». Il adopte donc plutôt la position de Christian Jacquiau. Position que Fred Neidhardt ne tolère pas : « le fait de discréditer le travail d'un collaborateur d'un journal qu'il [Claude Maggiori] n'intégrera que plus tard, tout en précisant qu'il n'est au courant de rien, est plus que de la bêtise, c'est de la malhonnêteté ».

Fred Neidhardt a directement rencontré Christian Jacquiau pour l'interview mais il ne l'a pas enregistré. Par conséquent il est impossible de savoir qui dit la vérité... Est-ce que Christian Jacquiau a dérapé ? Est-ce que Fred Neidhardt a cherché à piéger Christian Jacquiau ? Impossible de le savoir. Mais les deux écrivains sont aussi en désaccord sur un autre point : Fred Neidhardt s’est-il présenté sous son vrai nom ?

Fred Neidhardt s'est-il présenté sous son vrai nom ?

Selon Christian Jacquiau, Fred Neidhardt, le journaliste qui l'a interviewé, s’est présenté sous un pseudonyme : Daniel Audion. L’identité de ce dernier ne lui aurait été révélée qu’en cours d'instance.

De son côté, Fred Neidhardt affirme s'être présenté à Christian Jacquiau sous son vrai nom et non sous son nom de plume. Il explique : « à l'époque de l'article, je réalisais également des impostures pour l'Echo des Savanes. Pour éviter la confusion auprès des lecteurs et pour ne pas de discréditer mon travail de journaliste, le rédacteur en chef m'a proposé de signer l'article d'un pseudo. Suite aux démêlés de Jacquiau avec Max Havelaar, Jacquiau a dit dans une interview au Post que, du fait que je n'ai pas signé l'article de mon nom, je ne suis pas un vrai journaliste… Les journalistes signant d'un pseudo sont légion, je ne vois pas où est le problème. Allez expliquer à Jean Daniel (né Jean Daniel Bensaïd) qu'il n'est pas un journaliste... ».

Encore une fois nous ne pouvons pas savoir qui dit la vérité. Max Havelaar France explique cependant que Fred Neidhardt s'est présenté sous son vrai nom auprès de Joaquin Muñoz, le président de l'association. Pourquoi Fred Neidhardt se serait-il présenté sous son vrai nom la première fois et pas la seconde ?

Fred Neidhardt : « un imposteur professionnel » ?

Christian Jacquiau qualifie Fred Neidhardt « d'imposteur professionnel » et de « faux journaliste » sur son site internet. Il considère l’article de ce dernier comme une imposture qui vient s'ajouter aux nombreuses autres : Neidhardt nu chez MacDo, Neidhardt se réjouissant de la mort (supposée) d'Arthur ou encore Neidhardt en pédophile en vidéo ci-dessous.

Or, en réalité, Fred Neidhardt est bien journaliste. Il possède une carte de presse depuis 1997. Pourquoi Christian Jacquiau affirme-t-il le contraire ? Soit il croit réellement que Fred Neidhart n'est pas journaliste. Soit il cherche à discréditer ce dernier pour invalider son article. Et ça marche !

Lorsque j’ai contacté Thierry Vallat, avocat, pour avoir son avis sur l’affaire il m'a expliqué que : « ce qui parait en revanche curieux, eu égard aux faits de cette affaire, c'est que l'interview litigieuse aurait été réalisée, selon les dires de Monsieur Jacquiau, par un faux journaliste opérant sous une fausse identité et qu'elle aurait rapporté des propos qui n'auraient jamais été tenus ! Il est donc assez surprenant que les conditions éminemment contestables de cet entretien aient pu aboutir à une condamnation ! ».

L'Echo des savanes a-t-il refusé le droit de réponse de Christian Jacquiau ?

Max Havelaar France s'étonne que « M. Jacquiau n'ait pas demandé un droit de réponse à L'Echo de Savanes une fois le mensuel paru ».

Or de son côté, Christian Jacquiau affirme qu'il a justement demandé un droit de réponse. La question qui demeure c'est pourquoi L'Écho des savanes n'a pas donné suite à sa demande de publication de droit de réponse.

Cette demande de droit de réponse qui a été effectuée le 24 juillet 2008 (c'est-à-dire dans le délai des 3 mois suivant la date de publication de l’article) aurait dû être publiée par l’Echo des savanes. En effet, selon maitre Thierry Vallat, « à défaut d'avoir publié le droit de réponse, le journal s'expose théoriquement à une amende de 3.750 euros et d'éventuels dommages et intérêts sur une plainte pour refus d'insertion ».

Dès lors pourquoi Christian Jacquiau n'a-t-il pas porté plainte contre le journal ?

Max Havelaar France devait-il porter plainte contre L'Echo des savanes ?

Max Havelaar France a assigné en justice Christian Jacquiau et non le rédacteur en chef de l'Echo des savanes ou l'auteur de l'article (Fred Neidhardt). Maitre Thierry Vallat explique que « c'est un procédé certes peu courant, mais parfaitement envisageable puisque l'article 42 de la loi de 1881 prévoit une "responsabilité en cascade" en dressant une liste des auteurs principaux de la diffamation, dont le directeur de publication ou éditeurs, à défaut leur auteur, les imprimeurs ou même les vendeurs ! ».

De son côté Max Havelaar France considère qu'il est normal de porter plainte directement contre Christian Jacquiau a partir du moment où « Joaquin Muñoz estime […] que ses propos n’ont pas été déformés ». Le professionnalisme de Fred Neidhardt ne faisant aucun doute pour Max Havelaar France, les propos ne peuvent venir que de Christian Jacquiau.

Cette démarche reste cependant peu commune. L'association Max Havelaar France se sert-elle des propos parus dans l'Echo des savanes pour discréditer Christian Jacquiau et se venger de son livre très critique vis à vis du système Fairtrade/Max Havelaar : « Les coulisses du commerce équitable » ?

C'est en tout cas l’hypothèse que défend Hervé Le Gal, délégué général d'Ingalan, une association bretonne qui regroupe des militants du commerce équitable : « je pense que ce procès, et l’argument sur lequel il s’appuie, est un prétexte pour riposter à quelques coups de pieds au derrière pris ces dernières années ».

Porter plainte au pénal et non au civil ?

Max Havelaar France a porté plainte contre Christian Jacquiau au civil et non au pénal. Un point de détail ? Peut-être pas. Maitre Thierry Vallat explique que « sur le principe la société Max Havelaar avait le choix de porter le litige sur un plan civil, sur le fondement de l'article 29 de la loi du 29 juillet 1881, ou sur le plan pénal. Le terrain civil choisi n'a d'autre vocation que de demander la réparation financière du préjudice allégué. Sa portée est donc plus restrictive a priori que les suites d'une plainte pénale qui aurait pu aboutir à une instruction plus complète et une éventuelle condamnation plus large ».

Si Max Havelaar France considère que « juridiquement c’est la voie civile qui est pertinente », Christian Jacquiau aurait préféré une plainte au pénal. En effet une enquête de police judiciaire aurait permis de répondre aux nombreuses questions qui restent sans réponse. Mais peut-on blâmer Max Havelaar France de chercher avant tout réparation ? Est-ce vraiment le rôle de l’association Max havelaar France de chercher le responsable de ces propos ?

100.000€ : une somme exorbitante ?

En première instance Max Havelaar France a demandé 100.000€ de réparation à Christian Jacquiau. « La somme de 100 000 euros s'explique par le caractère national et public de la diffamation. Les propos de Christian Jacquiau s'attaquent aux valeurs fondamentales de la mission de l’association Max Havelaar France. Le montant a été calculé par rapport au préjudice causé à l’association, à ses partenaires et à sa visibilité » explique Max Havelaar France.

Au total, si on ajoute les frais de justice, Christian Jacquiau pourrait débourser 150.000€. Une somme beaucoup trop importante pour un simple particulier ! Ces 100.000€ reflètent-ils à sa juste valeur le préjudice subi par Max Havelaar France ou est-ce un moyen de faire taire Christian Jacquiau ?

La condamnation

En première instance Max Havelaar France demandait 100.000€ de réparation. Christian Jacquiau a finalement été condamné à payer 1€ à titre de dommages et intérêts et la somme de 3.000€ – par application de l'article 700 du code de procédure civile – qui correspond aux frais de justice de l’association Max Havelaar France. A cela s’ajoutent les frais de justice et d’huissier de Christian Jacquiau.

Si Max Havelaar France a accepté cette condamnation, renonçant ainsi aux 100.000€ demandés, Christian Jacquiau a fait appel.

L'après procès

100.000€ : une somme toujours exorbitante ?

En appel, Max Havelaar France réclame toujours 100.000€ de dommages et intérêts. Une somme trop importante pour Christian Jacquiau, surtout si on y ajoute les frais d’avocats et d’avoués.

Quoi qu’il en soit Max Havelaar France explique que « si au terme du procès en appel le juge condamnait Christian Jacquiau à payer cette réparation, les fonds seraient utilisés au bénéfice des producteurs du système Fairtrade/Max Havelaar ».

Max Havelaar France et Christian Jacquiau sont-ils encore en contact ?

Après le procès en première instance, Christian Jacquiau a demandé à Max Havelaar France un moratoire quant à la somme qu'il lui devait. La réponse de Max Havelaar France a été la suivante :

« Il ne nous est absolument pas possible de renoncer au paiement de cette somme, sauf à ce que :
1) vous renonciez à votre appel
2) vous reconnaissiez publiquement par le biais d'un communiqué dans un hebdomadaire national, que vous n'avez jamais voulu tenir de propos malveillants et erronés à l'égard de notre association et que vous vous engagez du reste à l'avenir à ne pas porter de jugement hâtif et mal fondé à l'égard de notre association ».

Christian Jacquiau a ensuite répondu dans une longue lettre où il demande notamment à Max Havelaar France de surseoir à l’encaissement de la somme à laquelle le tribunal l’a condamné. Max Havelaar France n’a semble-t-il jamais répondu à ce courrier.

Christian Jacquiau refuse-t-il le débat ?

Max Havelaar France affirme que Christian Jacquiau refuse le débat : « à de nombreuses occasions, nous avons voulu débattre publiquement avec Christian Jacquiau qui a systématiquement refusé ce dialogue ».

L'association donne même un exemple « Christian Jacquiau était un des invités de l’émission "Parlez-moi d'ailleurs" d'Audrey Pulvar, sur la chaîne LCP, le 20 octobre 2006, à propos du commerce équitable. Un des membres de l’association Max Havelaar France était aussi parmi les invités. Christian Jacquiau s'est désisté 15 minutes avant le début de l'émission ».

De son côté Christian Jacquiau dément ces faits. Selon son comité de soutien, « il n'a absolument jamais été convié par aucun représentant de Max Havelaar à débattre ».

Qui soutient Christian Jacquiau ?

Peu de temps après la condamnation, un « Comité de soutien à Christian Jacquiau » a été créé. Sa première action a été de mettre en ligne une pétition qui atteint aujourd’hui les 3000 signataires. Il a aussi lancé un appel aux dons pour payer les frais de justice de Christian Jacquiau.

Le comité se présente ainsi : « Nous connaissons Christian Jacquiau. Durant ces dernières années, nombre d’entre nous ont travaillé avec lui après la parution de ses deux livres, au cours de nombreuses interventions publiques, dans le cadre de l’éducation populaire notamment ». Ce comité est donc constitué principalement d’amis de Christian Jacquiau. De nombreux journalistes ont aussi signé la pétition.

Des amis, des journalistes, ... trouve-t-on aussi des acteurs du commerce équitable parmi les signataires ?

Qu'en pensent les organisations de commerce équitable ?

En épluchant la liste des signataires, j'i découvert plusieurs organisations de commerce équitable : TierraUna, Minga, EquiTable Salonaise ou encore Ingalañ. J’ai aussitôt contacté Hervé Le Gal, délégué général d'Ingalañ, qui a accepté de répondre à mes questions.

« Lorsque je l'ai signé […] je l'ai fait à titre individuel, comme l'ont fait bon nombre de militant-e-s et administrateurs de notre association. Mais le sujet a été mis à l’ordre du jour du dernier collège solidaire qui a eu lieu début janvier. Une position officielle a été prise. Ingalañ apporte clairement son soutien à Christian Jacquiau. Je m'exprime donc aujourd’hui sur le sujet au nom de l’association » explique Hervé Le Gal.

Ce qui est le plus choquant pour l'association Ingalañ c'est « une volonté de nuire à une personne. De vouloir défendre son image est légitime. De vouloir en découdre en amenant cela sur la place publique par un procès peut, même si je réfute ces pratiques, se comprendre si c’est pour 1 euro symbolique. Demander 100.000 euros ramène cette histoire à de la vengeance. Rien de glorieux pour un commerce équitable qui a déjà son lot de casseroles ».

Attention à ne pas généraliser cependant. Certaines (la plupart ?) organisations de commerce équitable soutiennent au contraire Max Havelaar France. Tristan Lecomte, le fondateur de l'entreprise de commerce équitable Alter Eco a notamment déclaré : « Christian Jacquiau est au commerce équitable ce que Allègre est au changement climatique ! ».

Que retenir de cette affaire ?

Pas grand-chose de positif à mon avis. J'ai travaillé pendant plusieurs semaines sur cet article. J'ai interviewé la plupart des personnes concernées, j'ai recoupé les informations et j’ai épluché des dizaines d’articles. Pourtant je ne suis toujours pas capable d'expliquer clairement les tenants et les aboutissants de cette affaire. Presque toutes les déclarations sont contradictoires !

Au final, que peut nous révéler le procès Max Havelaar France/Christian Jacquiau ? Que Max Havelaar France souhaite se venger du livre de Christian Jacquiau ? Que Christian Jacquiau est prêt à tout pour faire parler de lui ? Que des organisations de commerce équitable opposées à la distribution de produits équitables en grande surface souhaitent mettre en difficulté Max Havelaar France ? Que Fred Neidhardt est prêt à tout pour faire parler de lui ? Que Max Havelaar a beaucoup d’argent ? Que les ventes de livre de Christian Jacquiau ne suffisent pas à payer des frais de justice ? Que les acteurs du commerce équitable sont divisés ? Que la liberté d'information n'existe plus en France ?

Et si on parlait de commerce équitable plutôt…

Le texte complet des interview

- Interview de Fred Neidhart
- Interview de Max havelaar France
- Interview de Hervé Le Gal, Ingalañ
- Interview de Christian Jacquiau (je n'ai pas été autorisé à la publier)

Commentaires

Tout a fait d'accord il n'en ressort pas grand chose de constructif entre ces interviews ces communiqués. C'est dommage, et oui où parle t'on de commerce équitable dans tout cela?

Sur Ekitinfo.org justement ^^

‎- "To do is to be". Nietzsche
"To be is to do". Kant
- "Do be do be do". Sinatra

Merci pour cet article et cet effort de clarification.

J'aime beaucoup le commentaire de Christian Jacquiau "votre projet d'article comporte nombre de contre-vérités, d'affirmations tendancieuses et d'éléments qui, sortis de leur contexte, confinent véritablement à la caricature me concernant et relèvent davantage de la désinformation que de l'information" car c'est justement ce qui lui est reproché par de nombreux militants du commerce équitable dans son livre et ses articles.

Le problème n'est pas qu'il ne soit pas d'accord avec la vision de Max Havelaar, c'est qu'il ne fasse pas preuve de d'un minimum de professionnalisme et d'objectivité pour parler d'un sujet aussi complexe, qui mériterait beaucoup plus que ses caricatures, ses approximations et ses bricolages de citations (je prend un bout de phrase par si par là pour faire dire à qui je veux ce qui sert ma démonstration que Max Havelaar c'est des grands méchants qui ne pensent qu'à l'argent...).

Au final, sa démarche ressemble plus à de la propagande qu'à du journalisme et semble inspirée avant tout par la volonté d'existence médiatique. traiter ce sujet complexe de la sorte, sans poser clairement les enjeux au Sud, sans donner objectivement la parole à chacun, parler uniquement des divisions et pas des collaborations, c'est méprisant pour l'intelligence des lecteurs, ça encourage les querelles de chapelles qui laminent ce secteur, et ça nuit à tous les acteurs et pas que à Max Havelaar.

Pour autant ce projet n'est pas stratégique de la part de Max Havelaar car ça n'a que pour effet de réveiller cet excentricité égoïste, dont on entendait plus parler. Quelle erreur. La haine engendre la haine, et les égos prennent le pouvoir, tout ça est bien dommage.

Ou sont les valeurs de dialogue et de respect, pourtant fondatrices du commerce équitable ? Comment reprendre le chemin d'un débat serein pour donner un 2nd souffle au commerce équitable dans sa diversité ?

Tout est possible, j'espère juste qu'il est encore temps...

@noémie : il faut voir qu'à l'origine l'affaire Max Havelaar/Christian Jacquiau concerne le commerce équitable puisque c'est le sujet du livre de Christian Jacquiau : "Les coulisses du commerce équitable". Malheureusement (?) le procès semble intéresser plus de monde que le contenu du livre.

@Equitable-Didier : et sur beaucoup d'autres sites internet !

@Anonyme : peut-être qu'un débat entre Max Havelaar France et Christian Jacquiau permettrait d'apaiser la situation.

Président de l'association Ekitinfo.
Un nouveau regard sur le commerce équitable

tout fini dans l'eau tiède comme il est d'usage avec Ekitinfo ? Le seul problème c'est que l'eau tiède sert plus facilement les intérêts des plus puissants !

Cordialement

@Anonyme (celui du 5 mars) : merci pour ton commentaire. Cependant, est-ce que tu peux apporter quelques précisions ? Pourquoi considères-tu que cet article finit dans "l'eau tiède" ? Qu'est-ce qui aurait du être fait différemment ? Pourquoi est-ce d'usage sur Ekitinfo ? Qui sont les "puissants" ?

Président de l'association Ekitinfo.
Un nouveau regard sur le commerce équitable

Et comme il est d'usage avec les anonymes qui jettent de l'huile sur le feu en parlant "d'eau tiède" et de "puissants", ils disparaissent dans la nature tant qu'il en est encore temps... Il était trop tard pour Mr Christian Jaquiau pour faire marche arrière, le mal était fait, alors autant l'utiliser pour discréditer l'association Max Havelaar. On en arrive à une "gueguerre" lamentable. Il serait temps d'élever le débat et d'enterrer la hache de guerre, justement ! C'est l'avenir du commerce équitable qui est en jeu! Ne pourrait-on pas envisager d'avancer ensemble ? A quand le calumet de la paix ;) ?

Oui, ce n'est pas bien glorieux de voir Max Havelaar s'acharner par vengeance et M. Jaquiau en tort nier comme un petit enfant.

S'il y a une chose que l'on peut concéder à Max Havelaar c'est qu'avec leur label très visible, ils rendent le commerce équitable visible, peut-être plus que si les autres labels (qui apportent de meilleures garanties) étaient les seuls en lice.

Tout ça pour un raccourci un peu trop rapide dans un journal !

Qui sont ces "autres labels qui apportent de meilleures garanties" ? et quelles garanties ?
Honnêtement, je ne vois pas trop à qui et à quoi vous faites allusion ?

@André SCHWARTZ : je ne peux pas répondre pour Mia mais je pense qu'elle fait référence au label Ecocert ou au label Naturland Fair dont on a parlé sur Ekitinfo suite à la publication par la PFCE du Guide des labels du commerce équitable 2011. Elle s'appuie aussi probablement sur son article S'y retrouver dans les labels: le commerce équitable

Président de l'association Ekitinfo.
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