Haïti : le séisme met fin au commerce équitable ?
Le dramatique séisme qui a sévi à Haïti a eu un impact majeur sur les infrastructures des coopératives de commerce équitable. Évidemment les informations arrivent au compte goutte et je reprend donc des publications d'autres organisations (Max Havelaar, Ethiquable) à propos des coopératives de fruits et de café touchées.
Les coopératives touchées
Selon Max Havelaar France, les coopératives situées au Nord du pays et à l’ouest de Port-au-Prince seraient les moins touchées. Le réseau de producteurs Recocarno, près de Cap Haïtien a confirmé à Max Havelaar qu’elle n’avait pas été touchée.
En revanche, le Sud et les zones autour de la capitale ont beaucoup souffert. Le programme Mouvman Moun Mango, qui devait permettre à dix groupes de producteurs d’exporter des mangues équitables, a été stoppé net. « Les différents désastres qui sévissent chacune de ces dernières années rendent impossible un projet qui puisse aboutir à une certification bio et équitable, se désole John O’Malley Burns, un volontaire qui travaille sur place avec Agrofair. En l’absence d’aide cette année, le système entier de valeur ajoutée pour des producteurs de mangues certifiées va s’écrouler. »
Un drame prévisible ?
Depuis décembre 2007 Oxfam-Solidarité mène un projet de préparation aux catastrophes naturelles en Haïti. Le drame aurait-il pût être évité ? Ou en tout cas était-il prévisible ?
Haïti est une île en plein développement et l'urbanisation incrontrôlée peut avoir des conséquences désastreuses.
La population de Cap-Haïtien, une ville dont l'agglomération compte plus de 500 000 habitants, a remblayé les mangroves et les marécages avec des déchets pour pouvoir multiplier les logements. Ces zones offraient des barrières naturelles face à la rivière qui traverse la ville, tout comme les forêts des flancs montagneux qui ont été rasées pour laisser place aux habitations. Construites en dehors de toute norme minimale de sécurité, les maisons se retrouvent perchées sur des pentes très raides, totalement dénudées et donc extrêmement propices à l’érosion, aux éboulements et aux glissements de terrain.
Comment aider ?
La démarche du commerce équitable est un partenariat basé sur la durée et les organisations de commerce équitable n'ont pas l'habitude d'agir dans l'urgence. Agronomes et Vétérinaires sans Frontières, une ONG fondatrice de Max Havelaar France, présente depuis plus de dix ans en Haïti, propose néanmoins un programme d'appui. Vous pouvez donc envoyer vos dons à AVSF.
« L’expérience du vaste mouvement d’aide après le tsunami en Asie du Sud-est et au Sri Lanka montre que les moyens affluent pour l’urgence, explique-t-on à AVSF. Cependant, le réel enjeu est dans la reconstruction et la réhabilitation qu’il faut mettre en œuvre dès aujourd’hui. »
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