[Interview] L’atelier des Dames : un petit bijou

Suite à un premier article publié sur Ekitinfo par Caroline Manuel, responsable de l’atelier des Dames, nous avons décidé de la rencontrer pour mieux comprendre les enjeux et les origines de cette toute jeune entreprise.

Atelier des dames

Pourquoi avoir créé « L’atelier des dames » ?

Lors des différents voyages, j’ai découvert une activité surprenante au Brésil : le recyclage des écailles de poissons. Pour améliorer leur niveau de vie, les femmes de pêcheurs du village de Cabo Frio récupèrent les écailles et les travaillent selon un procédé unique pour créer des bijoux. Souhaitant valoriser ce savoir-faire, j’ai créé la première marque de bijoux de haute fantaisie labellisée commerce équitable : L’atelier des Dames. Mon projet est tout simplement né d'un coup de foudre avec ce pays et ses habitants, et un produit écologique innovant : « des bijoux fabriqués à partir de matières essentiellement écologiques ».

En créant L’atelier des Dames j’ai pu réalisé ma passion tout en ayant une démarche éthique et écologique .

Que peut-on découvrir sur le site ?

Sur le site >www.latelierdesdames.fr, vous allez découvrir l’histoire de la société, la collection téléchargeable grâce au catalogue, le dossier de presse, la démarche éthique et la charte de la Plateforme pour le Commerce Equitable (PFCE).

Sur le site www.eboutique.latelierdesdames.fr, vous allez pouvoir acheter ces bijoux solidaires en ligne à partir du 20 juin 2008.

Pour vous, la démarche équitable était-elle primordiale, indispensable au projet ?

Aujourd'hui, nous devons être conscients de l'enjeu de la mondialisation et nous devons construire durablement cette relation entre pays. J'ai choisi le commerce équitable parce que chaque individu devrait avoir le droit au travail et à une vie digne.

La démarche équitable est pour moi primordiale, elle s’exprime non seulement dans la relation commerciale mais également dans la démarche créative. Je dessine les différents modèles en collaboration avec les artisanes qui les fabriquent à Cabo Frio afin qu’elles puissent librement y ajouter leur touche personnelle.

Permettre aux artisanes de Cabo Frio de vivre dignement et durablement de leur travail constitue l’un des engagements de l’atelier des Dames ; dans le respect de la charte de La Plateforme pour le Commerce Equitable (PFCE).

L’offre des bijoux équitable est déjà très diversifiée. Quel « plus » apportez-vous ?

Je pense contribuer au changement de l’image du commerce équitable en apportant du glamour, de la féminité et du haut de gamme . Pour L’atelier des Dames, l’éthique, ce n’est pas montrer des personnes défavorisées qui travaillent dans leur atelier, c’est prouver que les gens du sud sont des artistes heureux de vivre grâce à leur savoir-faire. Les femmes qui travaillent dans l’atelier veulent que l’on garde en mémoire leur sourire, leur bonne humeur et leur façon de travailler unique.

Le « plus » apporté est également un gage d’authenticité et de qualité. Chaque création est une pièce unique numérotée, réalisée avec des écailles traitées, teintées à partir de colorants naturels et taillées à la main. Le bijoux est vendu dans son emballage en filtre à café, agrémenté du célèbre porte-bonheur « Lembraça do senhor do bonfim da Bahia » et d’une carte en papier recyclé expliquant la démarche et donnant un numéro unique au bijou.

Où pourra-t-on acheter ces bijoux ?

Les bijoux de l’atelier des Dames seront disponibles à partir du 20 juin 2008 sur www.eboutique.latelierdesdames.fr mais également sur des sites partenaires et dans des boutiques multimarques.

Est-ce qu’un bijoux équitable coûte plus cher qu’un bijoux issu du commerce conventionnel ?

Les bijoux de L’atelier des Dames ne coûteront pas plus chers que ses concurrents en haute fantaisie, les créations vont de 35 euros à 110 euros. La différence se fait au niveau interne car il y a une réduction de coût grâce à l’absence d’intermédiaire et des marges moins importantes.

Qui sont vos partenaires aux Sud ? Est-ce que vous les avez rencontré ?

J’ai deux partenaires principaux. Premièrement, la collectivité de femmes de pécheurs de Cabo-Frio est l’atelier de fabrication exclusif des créations. Une quinzaine de femmes travaillent aujourd’hui à la main sans machine. L’argent récolté permet également le financement d’une école du travail de l’écaille afin de perpétuer ce savoir faire unique.
Deuxièmement, un regroupement de jeunes femmes issues de « favelas » de l’état de Rio de Janeiro se charge de la fabrication des emballages. Il s’agit de filtres à café recyclés et transformés en de très jolis emballages.

J’ai déjà rencontré mes partenaires à deux reprises. De la première rencontre est née l’idée et de la deuxième l’accord. Elles font aujourd’hui partie de ma famille, nous avons une relation soutenue avec des mails quotidiens et des appels téléphoniques réguliers. Je pense que si nous conservons une relation agréable et équitable, le travail devient un plaisir . Une troisième rencontre est prévue pour février 2009 au Brésil, dans l’espoir de pouvoir un jour les amener en France afin de leur montrer le fruit de leur travail.

Quelle est votre vision du commerce équitable ? A votre avis, comment va-t-il évoluer ? Plus particulièrement dans le domaine de la mode peut-être ?

De plus en plus de marque se sont mis au commerce équitable. Il s’agit d’une démarche très positive pour le développement des pays défavorisés.

J’espère que l’expression « commerce équitable » puisse devenir un jour, une appellation contrôlée, un label car aujourd’hui toute entreprise peut utiliser ces mots avec une démarche plus ou moins éthique.

Quand au milieu de la mode, je pense que le commerce équitable peut apporter un gage de qualité et une influence ethnique . Ces relations nous ouvrent commercialement et humainement vers d’autres cultures, la mode peut en être positivement influencée.

Votre entreprise est encore toute jeune, y a-t-il quelques projets futurs que vous aimeriez évoquer ?

D'ici fin 2008, je souhaiterais que L’atelier des Dames soit présenté dans plus de 30 boutiques en France . Des actions de communications sont en place telles qu’un contrat coup de cœur offert par l’agence de presse parisienne Kingcom et la présence de L’atelier des Dames au prochain Ethical Fashion Show d’octobre 2008.

Mon objectif pour 2009-2010 est de considérablement augmenter nos points de vente et de développer une seconde gamme à destination d'une marque de textile désireuse d'agrandir sa gamme accessoire .

Il sera alors question de créer des emplois supplémentaires non seulement au Brésil grâce à notre école mais également en France.

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