[Interview] La Pachamama : une boutique familiale

Isabelle, de la Pachamama, avait déjà un publié un article sur Ekitinfo qui présentait son action dans le domaine du commerce équitable, avec sa boutique équitable des familles. Aujourd’hui, nous vous invitons à en apprendre davantage encore avec cette interview.

Gandhi

La Pachamama. Pourquoi avoir choisi ce nom pour la boutique ?

La Pachamama est la déesse inca qui a fondé la Terre et l’Homme. C’est un beau symbole de l’équité humaine et du respect de la planète, en plus d’évoquer la maternité.

C’est une mythologie qui nous vient des pays du Sud et je tenais à ce que le nom de la boutique évoque le Sud. Enfin, j’ai des attaches personnelles affectives avec le Pérou !

Qui est à l'origine de ce projet ? Comment vous est venu l'idée ?

On peut dire que ce n’est pas moi qui en suis à l’origine, c’est mon fils ! C’est à sa naissance que j’ai entamé une longue réflexion sur le monde et les valeurs que je voulais lui laisser.
Je ne voulais pas l’inonder de jouets en plastique polluants venus de Chine, ni l’habiller avec des vêtements cousus par des petites mains dans des ateliers misérables.

Par ailleurs, j’étais bénévole dans un magasin du monde Oxfam (l’équivalent des Artisans du Monde en France), et j’étais tenue au courant de pas mal d’initiatives équitables. Je me suis rendue compte qu’il existait une offre vraiment large pour la petite enfance.

Et le problème du commerce équitable, c’est justement que les consommateurs sont prêts à acheter, mais ne savent pas où trouver les produits. Et voilà : j’ai décidé de faire le pont entre les deux !

Que peut-on découvrir sur le site ?

- Une collection de vêtements 0-2 ans et maternité : en coton souvent bio, toujours équitable (grossesse & allaitement, layette, sacs de couchage, chaussons, tours de lit, etc)
- Jeux et jouets de 0 à 99 ans: jouets en bois recyclé, jeux coopératifs, jeux premier âge, puzzles pour apprendre à lire et à compter, etc.
- Produits de soin : lignes de soins pour les bébés mais aussi pour les mamans qui ont envie de prendre soin d’elles, souvent bio, toujours équitables. Des écharpes de portage et des couches lavables en coton équitable, des porte-bébés traditionnels, etc.
- Déco pour les petits : des hamacs, mobiles, toises, serre-livres, tapis de jeux, etc.
- Livres pour petits et grands : livres d’éveil au monde pour les petits, livres pour penser autrement pour les grands, ainsi que les revues Grandir autrement et l’Enfant et la Vie.
- Une foule d’accessoires et de bonnes idées : un étui à tétine ou un livre brodés à la main, des sacs mère-fille, des jeux sur la nature, un livre de recettes équitables, des doudous en coton équitable, etc.

Pourquoi avoir choisi Internet plutôt qu'une boutique « physique » ?

Pour plusieurs raisons :

- Une vitrine internet est un outil assez écologique : sans magasin à chauffer et à illuminer inutilement durant de longues heures, on supprime des dépenses énergétiques inutiles.
- Les mamans actives ont souvent peu de temps pour se déplacer à un endroit bien précis pour effectuer un achat. L’achat en ligne s’avère très pratique dans ce cas : c’est un outil disponible 24 heures sur 24, sans fixer de contrainte horaire à personne. Il est rapide est on est livré chez soi.
- Enfin, une plateforme d’achat en ligne atteint bien plus de monde qu’un magasin , ce qui est nécessaire pour augmenter l’accès aux produits du commerce équitable.

Peut-on trouver vos produits ailleurs que dans votre boutique en ligne ?

Je suis présente sur certains salons et foires orientés vers le bio et l’équitable. Nous organisons en partenariat avec un café-boutique équitable de centre ville des ventes expo dont la première aura lieu début juillet.

Je laisse aussi la possibilité aux clients de venir chercher leur colis à La Pachamama s’ils se méfient de la vente par correspondance.

Vous animez une newsletter et un blog. Quel est leur contenu ?

La newsletter donne des nouvelles commerciales de ce qui se passe à La Pachamama : nouveaux produits, nouvelles rencontres, nouveautés sur le site telles que la possibilité de créer sa liste de naissance 100% équitable, etc.

Le blog relaye les mêmes informations, mais en plus, propose des réflexions plus profondes sur le commerce équitable , et permet aussi de présenter plus en détail nos partenaires.

Il y a aussi un groupe social sur Facebook pour ceux qui préfèrent avoir les informations commerciales sans s’inscrire à la newsletter.

A combien de producteurs du Sud environ profitent les ventes de la Pachamama ? Les avez-vous déjà rencontrés ?

Environ 25, dont la grande majorité en Asie (Inde, Sri Lanka, Népal), mais aussi en Amérique latine (Nicaragua, Pérou, Brésil), et en Afrique (Mali, Burkina). Malheureusement je ne les ai pas rencontrés personnellement mais j’espère bien que ça pourra se faire un jour !

Avez-vous déjà pu mesurer concrètement l'impact de vos ventes pour eux ?

Non, pour mes ventes à moi, c’est beaucoup trop tôt : je viens de me lancer et je ne vends encore que peu. En revanche j’ai beaucoup d’informations sur les projets sociaux réalisés grâce aux ventes vers l’Europe. Il y a une vraie amélioration du niveau de vie, même si, il ne faut pas se leurrer, leurs conditions de vie restent plus précaires que les nôtres.

Quelle est votre vision du commerce équitable ? A votre avis, comment va-t-il évoluer ? Plus particulièrement dans le domaine des produits pour enfants peut-être ?

Pour moi, le commerce équitable est l’un des meilleurs moyens de mettre en œuvre un devoir historique d’ouverture envers les pays du Sud . Il ne s’agit pas d’assistance internationale reçue passivement, mais bien de l’autonomie du travailleur grâce au fruit de son travail, ce qui est extrêmement plus valorisant.

D’ailleurs, acheter un objet au prix qu’il vaut pour le travail qui a été fait, ce n’est pas de la solidarité, c’est la moindre des politesses !

Je ne pense pas que le commerce équitable, ni le bio d’ailleurs, soit une sorte de « mode », mot tellement utilisé pour faire de nous des consommateurs irréfléchis.

Je crois plutôt qu’il s’agit d’une véritable prise de conscience de consommateurs citoyens qui, à l’heure où on commence réellement à sentir les effets de nos excès, notamment par le réchauffement climatique, la flambée des prix des aliments et du carburant, décident de prendre leurs responsabilités en achetant autrement. Reste à espérer que ces concepts honnêtes ne soient pas récupérés par des gens qui le sont moins.

Dans le domaine des articles pour enfants, je pense qu’il y a un réel avenir pour le commerce équitable. Quand on devient parent, on n’a pas envie d’offrir à son enfant des objets faits par d’autres enfants. Les parents se montrent de plus en plus exigeants quant à la transparence des articles pour enfants, et c’est tant mieux !

Quelles garanties apportez-vous pour vos différents produits ?

Pour la plupart de la gamme, le caractère équitable est garanti par un label , que ce soit Oxfam, Max Havelaar, Transparent Trade, etc (il en existe malheureusement un peu trop).

Il y a aussi des articles provenant de petites ONG qui n’ont absolument pas les moyens de se payer une normalisation de ce type , mais qui font un boulot de terrain formidable et améliorent vraiment la vie des gens sur place. C’est le cas, par exemple, d’Akha Biladjo. Les exclure sous prétexte d’absence de label aurait été profondément injuste. Alors j’ai choisi de conter leur histoire et leur projet sur le site, pour ceux qui veulent en savoir plus.

Enfin, beaucoup de produits sont également certifiés bio (Ecocert, SKAL, Cosmebio), même si je n’insiste pas énormément là-dessus car la vocation de la boutique est la promotion du commerce équitable.

Votre entreprise est encore toute jeune, y a-t-il quelques projets futurs que vous aimeriez évoquer ?

Comme je vends des porte-bébés, j’aimerais organiser des ateliers de portage où l’on puisse échanger entre jeunes mamans. C’est un projet qui prendra forme normalement d’ici l’automne.

Quand les ventes seront suffisantes, j’aimerais développer de nouveaux partenariats, notamment avec l’Afrique, qui est trop peu représentée à La Pachamama. J’ai dû faire des choix parmi tout ce qui existait pour sélectionner ma gamme et j’aimerais proposer plus tard des partenaires avec lesquels nous sommes pour l’instant en stand by.

J’aimerais aussi étendre la collection de vêtements jusqu’à 4 ans voire plus.
Et peut-être, mais ça reste un projet à long terme, ouvrir une boutique physique.

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