L’Euro 2008 débute... mauvaise nouvelle pour la Chine et la Thaïlande
Actuellement, le ballon officiel de l’Euro 2008, fabriqué par Adidas, intéresse fortement les médias sportifs suite à la déclaration de Petr Cech (joueur tchèque) : « Le ballon est imprévisible, je suis sûr qu'on va voir beaucoup de buts de plus de 30 m lors de ce tournoi ». Mais étrangement, personne n’évoque les terribles conditions de travaille des couseurs de ballon...
Quelques chiffres édifiants
Grâce au site J.O Propres 2008, on peut obtenir des chiffres très intéressants sur Adidas…
Bénéfice brut en 2007 (US $) : 1,1 milliards
Augmentation de 2004 Ã 2007 : 68,28%
Salaire du chef de l’exécutif : 2,8 millions d’euros en 2007
Un couseur de ballon indien devrait assembler plus de 12 millions de ballons pour atteindre le salaire annuel du PDG d’Adidas en 2007. Soit en un an, 100 ballons par minute, 48 heures par semaine !
Les couseurs de ballons de football au Pakistan gagnent de 0,57 à 0,65 $ par ballon, soit le même tarif qu’il y a 6 ans alors que l’indice des prix à la consommation a augmenté de 40%.
La situation à Jalandhar en Inde
En 2004, les exportations indiennes de ballons de footballs représentaient environ 43 millions de dollars. La plupart de ces ballons proviennent des villes de Jalandhar et Meerut qui assurent environ 75% de la production.
Mais quant est-il des conditions de travail ? Le rapport « Surmonter les obstacles » nous apporte quelques réponses.
Premièrement, il semblerait que depuis une quinzaine d’année, l’emploi à durée déterminé rémunéré à la pièce se développe, et remplace progressivement les employés permanents qui coûtent plus cher !
De plus, cela limite le développement des syndicats qui subissent déjà des stratégies anti-syndicales fortes de la part des multinationales accentuées par la sous-traitance. Ainsi, en Indonésie, fin 2005, dans l’usine de Panarub qui travaille avec Adidas, 30 membres d’un syndicat ont été renvoyés à cause d’activités en lien avec leur participation à la grève.
Au niveau du salaire dans les centres de couture, celui-ci oscille entre 3 et 10 roupies (soit 0,07 et 0,10 dollars) l’unité. Cela ne permet évidemment pas aux travailleurs de survivre, si bien qu’ils sont obligés d’emmener de l’ouvrage destiné aux autres membres de la famille à la maison.
Voilà donc le constat qu’on peut dresser. Et si celui-ci est valable pour l’Inde, il l’est tout autant pour la Chine ou la Thaïlande...
Ethletic, des ballons équitables et écologiques
Pour lutter contre ces injustices, vous pouvez, par exemple, acheter des ballons équitables. Car, même s’ils sont assez difficiles à trouver, les ballons de foot issus du commerce équitable existent !
Nous vous invitons ainsi à découvrir l’entreprise Ethlétic, qui propose des ballons composés de 32 panneaux (cousus à la main), avec une vessie de latex et renforcés par quatre doublures de polyester.
Concrètement, pour les producteurs du Sri Lanka (où est cultivée la plantation d’hévéa), cela représente une prime de 50 centimes par kilogrammes de latex qui est utilisée pour financer l’amélioration de leurs conditions de vie.
Ils ont ainsi pu construire une cantine, pour pouvoir se nourrir dans une hygiène convenable, des sanitaires et un système d’eau potable pour 22 maisons.
Au Pakistan, autre lieu de fabrication des ballons, une prime de 20% est versée pour améliorer le système de santé et proposer des micro crédits qui permettent aux producteurs de créer quelques commerces et de mettre en place des systèmes d’irrigation.
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