Le G20 préfère l'agrobusiness aux consommateurs et aux paysans

« La sécurité alimentaire est un des enjeux critiques des prochaines années » affirment les ministres de l'agriculture du G20 dans leur plan d'action concernant la volatilité des prix des marchés agricoles. Pourtant, loin de prendre les décisions majeures qui s'imposent, les ministres ont repoussé à d’autres échéances la plupart de leurs décisions à l'exception de celles favorisant les intérêts des entreprises agro-industrielles et des acteurs financiers.

G20

Encore une fois, le G20 n'a pas écouté la société civile internationale qui avait pourtant faire entendre ses positions et propositions à la réunion préparatoire du sommet des Ministres du G20 agricole, le 12 mai dernier. Les acteurs du commerce équitable s'étaient particulièrement mobilisés pour porter le message suivant : « Les Peuples avant la finance Â».

Aujourd'hui, si les gouvernements du G20 reconnaissent les conséquences de la volatilité des prix, ils refusent de s'attaquer aux causes structurelles de l'insécurité alimentaire, notamment :
- le démantèlement depuis des années de toutes les politiques de régulation des marchés et de stockage,
- l'accaparement des terres agricoles à travers la planète par des entreprises de l'agro-industrie, de fonds privés, ou d’autres États,
- l'utilisation de surfaces de plus en plus importantes pour la production d'agrocarburants au mépris de la production alimentaire,
- la financiarisation croissante des marchés agricoles internationaux, nouveau terrain de jeu des spéculateurs en recherche de profit immédiat,
- l'absence de soutien à l’agriculture familiale et paysanne, en particulier aux paysannes.

En confirmant les politiques de libéralisation des marchés, en refusant la promotion et le financement de dispositifs de stockage public, en ne remettant pas en cause les accaparements de terres et les subventions aux agro-carburants et en promouvant les marchés à terme et les assurances privées, les ministres du G20 ont préféré favoriser les intérêts des entreprises agro-industrielles et des acteurs financiers. Les 1,8 milliards d’agriculteurs familiaux actuels et les 9 milliards de consommateurs que comptera la planète en 2050 n'ont pas ou peu compté dans la balance.

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