Le laboratoire du commerce équitable

Mercredi dernier, le groupe Leclerc associé à la marque Alter Eco ont annoncé le lancement du « Laboratoire du commerce équitable Â». Ce dernier réalisera des audits réguliers des différentes filières équitables pour déterminer l’évolution des bénéfices que tirent les producteurs du commerce équitable.

Laboratoire équitable

Deux leaders pour un laboratoire

Si le laboratoire du commerce équitable a été lancé par ces deux organisations, ce n’est pas un hasard puisque Alter Eco est le leader dans le marché du commerce équitable avec un chiffre d’affaire de 19,2 millions d’euros en 2007 (soit 79% de part de marché en hypermarchés) et le groupe Leclerc a lui réalisé un bénéfice de 20 millions d’euros dans la vente de produits issus du commerce équitable la même année, soit 18,8% de part de marché en valeur.

L’objectif de ce laboratoire sera donc de réaliser des audits réguliers de 25 filières, sur la base de 10 audits par an, et de déterminer alors « leurs facteurs de succès ou d’échec, et de tirer vers le haut les pratiques des producteurs Â», explique Tristan Lecomte, fondateur d’Alter Eco et directeur du nouveau laboratoire. Quatre audits ont ainsi déjà été réalisés : deux en Thaïlande (riz), un en Palestine (huile d'olive) et un au Pérou (cacao).

A cela s’ajoutera chaque année une étude économique menée en parallèle qui portera par exemple en 2009 sur l’impact de la crise alimentaire sur les filières équitables.

Pour réaliser ces audits, le laboratoire se basera sur différents outils mis au point par Alter Eco.

Les outils d’Alter Eco

Alter Eco a ainsi développé une méthodologie d’audit appelée FTA 200, en partenariat avec Pricewaterhouse Coopers, qui permet d’ évaluer la triple valeur ajoutée (économique, sociale et environnementale) de la filière dans son ensemble, du producteur individuel au port de départ du pays producteur, en passant par l’organisation productrice, la coopérative ou éventuellement l’unité de transformation, de conditionnement et l’exportateur.

Celle-ci a déjà été mise en place pour la filière café du Rwanda, la gamme coton du Sénégal, les jus du Brésil, le quinoa de Bolivie, le riz biologique de Thaïlande, ...

Enfin, Alter Eco peut aussi mesurer son impact au niveau individuel grâce à l’AEDI (Alter Eco Development Index), un outil qui permet de dresser les portraits des producteurs , de connaître leur histoire et de mesurer l’impact en termes de développement humain sur les personnes impliquées dans la relation de Commerce Équitable.

Celui-ci s’intéresse à la famille du producteur (nombre d’enfants, d’oncles, de tantes, …), à son salaire annuel (et à la connaissance qu’il en a), aux produis réalisés, aux bénéfices liés au commerce équitable (sécurité sociale, « micro crédits Â», irrigation, …), aux aspects démocratiques (associations, droit de vote, …), au transport, à l’environnement, …

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