Le repas insolent : manger pour apprendre !
Vendredi 13 juin, à 19h00, Artisans du Monde Nice organise un repas insolent au local des Diables Bleus, 29 route de Turin. L’occasion de revenir sur ce concept qui mélange l’animation gustative et le jeu de rôle.
Un peu d’histoire
Le repas insolent a été créé par l’association Insolens (Initiatives et Solidarité Etudiants Nord-Sud) de l’IEP de Paris et repris par l’association Starting Block qui, poussée par une cinquantaine de bénévoles, organise de nombreuses actions de sensibilisation dans les collèges et les lycées.
Il consiste à réunir un petit groupe de personnes autours d’un repas au cours duquel d es animations diverses sont proposées pour sensibiliser les convives à différents thèmes du développement durable.
Il est aujourd’hui utilisé par une multitude d’associations. Si bien qu’il est désormais possible pour les animateurs des repas insolents d’ améliorer et de partager autours de ce concept via un site Internet : http://www.repas-insolent.org/.
La recette
- Mélangez une bonne trentaine de personnes.
- Faites les revenir avec un zeste de géopolitique globale.
- Montez la sauce en répartissant inégalement un soupçon de richesse et une bonne dose de bonne humeur.
- Relevez le goût en abordant des sujets comme l’immigration, la question de la dette et le commerce.
- Parez le mets d’une équipe d’animation épicée.
- Nappez enfin délicatement de discussions et d’échanges.
- Laissez ensuite mijoter toute la nuit hors des festivités.
Le déroulement
Pour vous expliquer précisément le déroulement d’un tel repas, et n’ayant pas encore pu en organiser un, je me baserais sur une Fiche d’expérience très complète, réalisée en 2005 par un membre du bureau de Starting-Block. Mais avant toute chose, le conseil n°1 que je peux vous donner, c’est de garder secret le concept du repas jusqu’au dernier moment .
Voici donc les différentes étapes :
1. Accueil du public
2. On demande aux convives de se séparer en cinq groupes, représentants cinq « zones géographiques » (Afrique, Amérique latine - Caraïbes, Pays industrialisés, Asie, Monde arabo-musulman) dans les mêmes proportions que la population mondiale ; puis correction des animateurs.
3. Entrée dans la salle du repas, où les tables ont été préparées et décorées, en fonction du nombre de personnes à chaque table.
4. On demande aux participants de répartir les assiettes (vides) en fonction de la richesse par continent, puis correction ; répartition des verres (vides) en proportion de la consommation d’eau, puis correction.
5. On apportera ensuite de la nourriture aux zones géographiques en fonction des productions locales (ex : riz et thé en Asie, énergie (symbolisé par des bougies) au Monde Arabo-musulman, viande et fruits en Amérique Latine, fruits, café, chocolat en Afrique, produits industriels dans les pays industrialisés : boissons, sauces, yaourts, fromages, bonbons…). C’est une possibilité, il y en a beaucoup d’autres (en fonction de la production mondiale…) L’idée ici est qu’ils auront nécessairement besoin des produits d’autres tables pour avoir un repas complet.
6. Commerce (échanges / troc) de produits entre les tables .
On donne aux tables la permission de faire un commerce : nourriture contre couverts pour les uns, couverts contre nourriture pour les autres, viande contre céréales, etc. A eux de s'organiser pour qu'ils puissent bien manger. (NB si on le souhaite, on aura pu ajouter des biens échangeables supplémentaires - chaises, lumière, mots de passe à donner pour recevoir la nourriture (= éducation ?) etc - et les faire représenter quelque chose d'autre. On se rendra vite compte que les africains ont beaucoup de mal et sont dépendants de la bonne volonté des autres s'ils veulent manger...
7. Divers événements peuvent se produire au cours du repas (avec des règles précises) :
- Élection ou désignation (si régimes peu démocratiques) d'un chef politique par zone géographique .
- Assurance facultative contre les catastrophes naturelles par continent, puis catastrophes naturelles possibles (tremblements de terre, inondations, tsunami…).
On peut donner la possibilité aux tables de s'assurer contre les catastrophes naturelles, par exemple, en rendant aux organisateurs une partie de ses boissons si on en a trop pour sa table . Un peu plus tard, on crée une catastrophe naturelle et on enlève toute la nourriture des tables qui ne se sont pas assurées. Celles qui peuvent se racheter leur nourriture des organisateurs le font, les autres sont dépendantes de la solidarité des autres tables ( aide alimentaire ! )
- Flux de migration des populations (au choix de chaque zone géographique) vers les pays riches, qui peuvent fermer leurs frontières, les laisser ouvertes, ou contrôler l’immigration.
On peut donner l'autorisation aux tables de migrer. Mais les tables plus riches peuvent s'acheter l'aide des organisateurs pour défendre l'accès à leur table sauf à ceux à qui ils auront donné l'autorisation.
- Pollutions sonores-visuelles en fonction de la production industrielle de la zone .
On peut imaginer l'échange de "permis de polluer " comme prévu par l'accord de Kyoto. Dans ce cas, les Européens et les Américains, qui polluent beaucoup, n'auraient pas le droit de manger avant d'avoir payé (en couverts, boissons, nourriture...) les moins polluants pour une partie de leurs permis de polluer. Mais on pourrait faire en sorte que, si les plus pauvres demandent un prix trop élevé, les Américains puissent à la place payer les organisateurs pour leur donner leur nourriture quand même.
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