Le scandale sur le coton équitable n'en est peut-être pas un
Il y a 3 jours, je vous présentais les résultats d'une enquête menée par le journaliste de Bloomberg, Cam Simpson, révélant que des enfants travaillent dans des champs de coton africains pourtant labellisés bio et équitables. Après enquête, Fairtrade International réfute les allegations de Bloomberg à propos du coton du Burkina Faso et en particulier l'histoire de Clarisse Kambire, une fille de 13 ans qui travaillerait dans un champ de coton équitable.
La contre enquête de Fairtrade International
Fairtrade International prend très au sérieux toute allégation de violation des droits de l'enfant. Suite aux accusations de Bloomberg, Fairtrade International a enquêté sur le terrain et soulève d'importantes contradictions dans les faits présentés par l'article.
Fairtrade International s'est rendu dans le village de Benvar au Burkina Faso, accompagné de hauts représentants de l'Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina Faso (UNPCB) pour y rencontrer les producteurs de coton certifié Fairtrade/Max Havelaar ainsi que les enfants et familles identifiés dans l'article de Bloomberg. Le but de cette visite était de conduire une expertise, de travailler sur des mesures correctives en faveur des enfants concernés et de fournir un appui à l'UNPCB dans la mise en œuvre de leur plan d'action afin d'éliminer le travail des enfants et de mettre en place des mesures de protection de ces derniers.
Pour ce faire, des interviews avec les personnes identifiées dans l'article comme étant des enfants (en dessous de 18 ans) ont été menées. Selon Fairtrade International, il ressort de ces interviews que la jeune fille ainsi que sa famille mises en avant dans l'article ne sont pas en danger. Cependant, les informations qui ont été remontées concernant les faits exposés et les méthodes utilisées par le journaliste sont préoccupantes.
Clarisse Kambire est en fait majeure
Selon les informations recueillies sur place par Fairtrade International, Clarisse Kambire, la jeune fille mise en avant n'aurait pas 13 ans comme il a été dit dans l'article. Son certificat de naissance, corroboré par son dossier scolaire montrerait que cette jeune fille n'est pas un « enfant » tel que définit par les Conventions de l'Organisation des Nations Unies (en dessous de 18 ans).
De plus, cette jeune fille ne serait pas impliquée dans la culture du coton - et par conséquent, ne participerait pas à la production de coton équitable certifié Fairtrade/Max Havelaar - mais travaillerait au sein d'une exploitation familiale, cultivant des légumes destinés au marché local, produits pour lesquels aucun standard Fairtrade ne s'applique.
Le problème du travail des enfants reste présent
Dans le cadre du travail en cours dans ce domaine, et en accord avec l'Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina Faso (UNPCB), Fairtrade International prévoit dès début 2012 une formation plus approfondie des membres de l’UNPCB en matière de travail des enfants et de protection de ces derniers.
En effet, si le cas de Clarisse Kambire est contesté par Fairtrade International, le travail des enfants dans les plantations de coton au Burkina Faso reste un problème courant (et même Fairtrade International ne peut garantir à 100% qu'un produit équitable n'a pas eu recours au travail des enfants).
Je précise que les informations de cet article proviennent d'un communiqué de presse de Fairtrade International et sont donc à prendre avec précaution. Le journal Bloomberg n'a pour l'instant pas réagi.
Mots clés :























Commentaires
L'affaire passionne les médias : http://www.challenges.fr/entreprise/20120111.CHA9125/quand-le-coton-equi...
Secrétaire de l'association Ekitinfo
Fondateur de mapausecafé.net
Galerie Picasa : https://plus.google.com/u/0/photos/111906536288411326063/albums
Publier un nouveau commentaire