Les AMAP : le premier commerce équitable Nord-Nord ?
Les AMAP – Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne - fêtent cette année leurs 10 ans. Ce qui n'était au début qu'un petit projet concernant une cinquantaine d'Aubagnais fait aujourd'hui pleinement parti de l'agriculture paysanne française. Découvrons ensemble ces premiers représentants du commerce équitable Nord-Nord.
Les AMAP : comment ça marche ?
Pour commencer, je vous propose une petite visite vidéo de l'AMAP de Meudon. C'est un excellent moyen de comprendre les motivations des consommateurs et des agriculteurs qui choisissent ce système alternatif. Après tout, pourquoi ne pas se contenter d'acheter ses légumes en grande surface ? Au moins on est sûr de trouver ce que l’on cherche, quelque soit la saison et à moindre coût...
La charte des AMAP et les normes du WFTO : le jeu des 7 différences
Le cadre des AMAP s'est dessiné dès 2001, à Aubagne, lors d'une réunion entre des maraîchers de la Confédération Paysanne et des membres d'Attac. S'en est suivi une phase de réflexion qui a donné naissance en 2003 à la « Charte des AMAP ». Si celle-ci donne une cadre général au mouvement, chaque AMAP (soit 1250 groupes en France) définit son propre règlement intérieur.
La charte définit 18 principes fondateurs que doivent respecter les AMAP. Il est intéressant de les mettre en parallèle avec les 10 normes du commerce équitable prescrites par l’Organisation Mondiale du Commerce Equitable (WFTO).
Les principes uniques aux AMAP
1. La référence à la charte de l’agriculture paysanne pour chaque producteur.
2. Une production de dimension humaine adaptée aux types de culture et d'élevage.
3. Une bonne qualité des produits : gustative, sanitaire, environnementale.
4. L’appui à l’agriculture paysanne locale.
5. La solidarité et des liens actifs avec tous les acteurs locaux œuvrant pour le maintien de l’agriculture durable et d’un commerce solidaire.
6. La proximité du producteur et des consommateurs : elle est indispensable pour assurer le lien direct entre eux et pour favoriser le circuit le plus court entre producteurs et consommateurs.
7. Une AMAP par producteur et par groupe local de consommateurs.
8. La formalisation et le respect des contrats à chaque saison entre consommateurs et producteurs.
9. Une information fréquente des consommateurs sur le produit.
10. La solidarité des consommateurs avec le producteur dans les aléas de la production.
11. Une participation active des consommateurs à l'AMAP favorisée notamment par la responsabilisation du maximum d’adhérents.
Les principes en commun
1. Une production respectueuse de la nature, de l'environnement et de l’animal : développement d’une biodiversité, fertilité des sols, production sans engrais ni pesticides chimiques de synthèse, gestion économique de l’eau. Ces exigences rappellent la norme environnementale du WFTO « qui encourage activement de meilleures pratiques environnementales et l'application de méthodes responsables de production ».
2. Le respect des normes sociales par rapport aux employés de l’exploitation, y compris le personnel temporaire. Le WFTO parle lui d’un « environnement de travail sain et sûr pour les travailleurs ».
3. La recherche de la transparence dans les actes d’achat, de production, de transformation et de vente de produits agricoles. Une exigence similaire à la norme de « transparence et de crédibilité » du WFTO.
4. L'accompagnement des producteurs à l’autonomie, c'est-à -dire la capacité à être mettre de ses choix. Encore un point commun avec les normes définies par le WFTO : « le Commerce Equitable est un moyen de développer l'autonomie des travailleurs » !
5. Aucun intermédiaire entre producteur et consommateurs, pas de produits achetés et revendus par le producteur sans accord des consommateurs. La suppression des intermédiaires permet, comme dans le commerce équitable, de réduire les coûts. C’est donc le même mécanisme qui permet aux AMAP et aux produits du commerce équitable de rivaliser en prix avec les produits conventionnels.
6. La définition à chaque saison d’un prix équitable entre producteur et consommateurs. C’est l'équivalent du « prix juste » décrit dans les normes du commerce équitable.
7. Une sensibilisation des adhérents de l’AMAP aux particularités de l’agriculture paysanne. Les organisations du commerce équitable, elles, « sensibilisent au commerce équitable et à la possibilité d'une meilleure justice dans le monde ».
On dénombre donc pas moins de 7 points communs entre la charte des AMAP et les normes prescrites par l'Organisation Mondiale du Commerce Equitable. Autrement dit, les AMAP ont tout d’un commerce équitable Nord-Nord ! Des entreprises comme Ethiquable et Alter Eco ne sont donc pas si novatrices que cela, mis à part que leur gamme est disponible en grande surface... impensable pour les AMAP !
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Commentaires
Salut !
La différence est dans la relation au producteur. Dans une AMAP, tous les clients connaissent le producteur, alors que dans le commerce équitable, peut-on dire que personne ne le connaît ?
@ypll : c'est vrai que c'est une différence importante et qu'elle reste vrai même pour les produits équitables Nord-Nord. C'est l'un des "avantages" et des principes forts des AMAP. Les organisations de commerce équitable essayent de pallier ce manque en parlant du producteur ou en mettant sa photo sur les produits vendus. On ne peut pas dire que cela produise le même effet !
Président de l'association Ekitinfo.
Un nouveau regard sur le commerce équitable
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