Les glaces Ben & Jerry's entièrement équitables

Hier Ben Cohen et Jerry Greenfield ont annoncé que toutes les crèmes glacées de la marque étasunienne Ben & Jerry's seront issues du commerce équitable et labellisées Max Havelaar d’ici fin 2011 en Europe.

Regardons-nous dans la glace !

En 2005, Ben & Jerry’s était devenu la première entreprise dans le monde à utiliser des produits issus du commerce équitable pour ses glaces. Aujourd'hui elle devient la première entreprise de crème glacée à prendre un engagement aussi important pour le commerce équitable à travers l'ensemble de sa gamme.

D'après FLO Ben & Jerry’s va contribuer à améliorer la vie de 24 000 agriculteurs, petits producteurs de Côte d’Ivoire, de république Dominicaine, d’Inde, du Belize, d’Équateur, du Pakistan et du Mexique.

Rob Cameron, le Directeur Général de FLO International se réjouit de l’engagement du duo américain : "S’attaquer à la pauvreté et contribuer au développement de l’agriculture durable au travers du commerce n’est peut-être pas facile mais vaut largement le coup. Ben & Jerry’s sont encore une fois pionniers, en développant une réelle ambition à long-terme de s’engager auprès des petits producteurs, qui cultivent des amandes, bananes, vanilles, cacao et autres ingrédients équitables certifiés Fairtrade".

Commentaires

Une information cruciale manque à cet article sur Ben & Jerry's, la bonne glace des américains gentils. Cette marque appartient à Unilever, transnationale confortablement installé, avec Nestlé et Kraft, dans le trio de tête des maîtres du business mondial de l'alimentation.
Le commerce équitable existe parce qu'il y a dans ce monde une exploitation organisée du Sud par le Nord. Ceci au premier bénéfice de sociétés mastodontes qui mènent les états par le bout du nez. Si cette situation n'était pas, nous ne serions pas là à débattre, ou à nous enthousiasmer, sur le commerce équitable.

J'invite les lecteurs à se renseigner sur le comportement d'Unilever en Inde, pays d'où vient la vanille des glaces au parfum de bonne conscience. En voici un avant goût, si vous le permettez.
Pour la production de semences de coton en Inde, Hindustan Lever Ltd (une filiale indienne du conglomérat anglo-hollandais Unilever) ainsi que la multinationale américaine Monsanto ont recours sur une grande échelle et dans des conditions dangereuses à une main d'oeuvre d'enfants. On évalue à 25.000, en majorité des filles, le nombre d'enfants qui travaillent entre 10h et 13h par jour pour Hindustan Lever . Dans le cas de Monsanto et de sa filiale indienne Mahyco, les chiffres sont de 17.000 enfants. Ces enfants ne vont pas à l'école, gagnent moins de 0,40 €/j (20 roupies) et sont exposés par le travail à de dangereux pesticides tels que le Endosulphan. Plus de 11.000 enfants travaillent dans des conditions similaires pour la multinationale Suisse Syngenta, l'anglo-hollandaise Advanta ou la filiale indienne de Bayer (Allemagne), Proagro.

Ben & Jerry's est la farine blanche qui poudre la patte d'une multinationale aux pratiques infâmes. Libre à chacun-e-s de tomber dans le panneau.

@Ingalan

Voudriez vous dire que le commerce équitable pourrait faire travailler des esclaves comme d'autres anonymes l'ont déjà dit ?

@Ingalan : merci pour ces précisions. Comment peut-on en savoir plus ?

@Anonyme 2 : les faits dénoncés par "Anonyme 1" concernent la culture du coton par Unilever et non la fabrication des glaces. Or seules les glaces sont garanties "commerce équitable".

Président de l'association Ekitinfo.
Ensemble, comprenons le commerce équitable !

Non cela ne veut pas dire que le commerce équitable face travailler des esclaves. Cela dénonce le fait qu'une même transnationale puisse écrasé des paysans d'un côté et prétendre être équitable de l'autre.
Plus d'information sur Unilever bientôt en ligne sur notre site.

@Hervé Le Gal : il me semble qu'Ingalan dénonce depuis longtemps déjà le "paradoxe" Unilever : pourquoi avoir choisir cette transnationale plutôt qu'une autre ?

Président de l'association Ekitinfo.
Ensemble, comprenons le commerce équitable !

@ Hervé le Gal : Prenez vous en aux multinationales qui ne font rien du tout dans l'équitable... on peut dire ce que l'on veut mais nous ne remplacerons jamais ces multinationales et ne feront jamais un vrai commerce équitable... défendons l'idée et relativisons sur notre "impact", soyons simplement dans le lobbyisme, que l'on fasse le chemin, que l'on montre que l'équitable peut exister... Enfin, Ben & Jerry's étaient parfaitement libre de choisir ou non l'équitable, Starbucks aussi, et cela ne leur a pas amené forcément de nouveaux clients bien qu'ils en aient fait la communication... Et si pour une fois on reconnaissait que si ça se trouve il s'agit dans ces quelques entreprises de la volonté d'une personne ou de plusieurs pour devenir un peu plus équitable... Au lieu de critiquer ce "premier pas" ou opération de com', saluons les et incitons les à en faire toujours plus... Critiquons Unilever mais soulignons quand même ce qu'ils ont commencé de faire... Critiquons encore plus fort Danone ou autre et soulignons ce qu'ils n'ont pas commencé de faire... et comparons les... Là l'impact sera sans doute plus fort... Sinon, il se pourrait bien que si d'autres "transnationales" souhaitaient accéder à l'équitable elles ne le feraient pas... puisque les critiques vont affluer... La critique et la dénonciation sont normales et elles font avancer les choses, mais globalement Unilever même avec Ben&Jerry'S aura permis sans doute à plus de producteurs équitables d'être mieux rémunéré. Agir est nettement moins facile dans de telles sociétés pourtant ils l'ont fait...

Secrétaire de l'association Ekitinfo
Fondateur de mapausecafé.net

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Rassurez vous Didier, Unilever n'est pas la seule multinationale que nous dénonçons. Nestlé, et son Nescafé équitable, Carrefour, le champion du développement durable, Coca Cola, … , arrêtons là, la liste est trop longue. Deux questions cher Didier :
Si Kadhafi décidait de donner un 5ème de sa fortune à une œuvre charitable, allez applaudir ou continuerez vous à dénoncer la manière dont il fait fortune et son comportement en général ?
Pourquoi le commerce équitable existe-t-il ?
Permettez moi de donner mon avis sur cette dernière. Le commerce équitable est une réponse, une réaction à une situation mondiale inéquitable dominante, écrasante. Si les pratiques de Nestlé, d’Unilever, et de bien d’autre s tenants du commerce mondial n’existaient pas, nous ne serions pas ici à débattre. Nous devons agir parce que leurs comportements ignobles fixe les règles. Je vous invite à aller plus loin et vous renseigner pleinement sur Unilever, à lire l’excellent livre de Jean Ziegler « L’Empire de la honte » pour découvrir le niveau d’humanité de Nestlé.
A vous lire et à nous lire, notre vision et nos objectifs sont de toute évidente bien différents. Vous voyez capitalisme, car il s’agit bien de cela, comme une fatalité mais espérez le rendre un peu plus gentil. Nous (Ingalañ) considérons le commerce équitable encore au stade de l’utopie et le terme comme prétentieux au regard de ce que signifie pour nous l’« équité ». Notre engagement est clairement anticapitaliste et nous ne croyons pas au capitalisme gentil. Le commerce équitable est pour nous un vecteur d’actions concrètes et un acte de communication active. Sur ce dernier point d’ailleurs nos adversaires, car il s’agit bien de cela, font de même. Mais ils parleront de marketing.
Force est de constater qu’aujourd’hui, le commerce équitable est en grande partie tombé dans le piège qui lui était tendu dès le départ. Il est pour beaucoup devenu aujourd’hui un commerce de bonne conscience, pratiqué par des transnationales dont le profit sans état d’âme est la raison d’être. Voir 80 % de l’alimentaire équitable tenu par la grande distribution ne vous inquiète probablement pas. Cela signifie pour nous que la GMS tient purement et simplement la première organisation du commerce équitable, celle-ci étant financée par le volume écoulé. Mais ne soyons pas surpris, les grands distributeurs n’ont fait là que leur métier.
Je vous invite également à vous renseigner, si ce n’est déjà fait, sur les dernière avancées de la neuro-économie, ce mariage entre la science du cerveau et le commerce, au passage financé par les grands marchands. Vous comprendrez pourquoi le commerce équitable est pour eux de l’or en barre.
Nous assumons pleinement notre statut d’utopiste et disons que non, les transnationales ne sont pas des fatalités. Pas plus que le commerce équitable n’est une finalité. Nous devons tendre vers des coopératives internationales, où les membres du Sud auront la même voix que ceux du Nord. Vous en verrez les modestes prémices dès cette année.
« Elle est à l'horizon. Je me rapproche de deux pas, elle s'éloigne de dix pas . Pour autant que j'avance je ne la rejoindrais jamais.
Donc, à quoi sert l'utopie? Elle sert à çà : Avancer. » Eduardo Galéano

Bonjour Hervé,

Je défends également votre point de vue et sur bon nombre de points nous ne sommes pas si différents, je suis opposé à la grande distribution et à l'étau dans lequel celle-ci nous a mis... Pourtant je continue de croire que de nombreuses personnes dans la grande distribution croient également à une avancée équitable...

Je ne vois pas tout blanc ou tout noir comme vous le laissez penser, je vois simplement qu'une communication telle qu'elle est faite aujourd'hui nous décrédibilise et en ce sens je vous rejoins nous devrions être beaucoup plus agressif notamment à l'encontre des multinationales.

Je regrette simplement que vous n'attaquiez que les multinationales qui pratiquent un tout petit peu (parfois moins de 5%) le commerce équitable labellisé.

Je crois en l'utopie du commerce équitable et suis persuadé qu'effectivement la force de ses idées, notamment la préservation de culture, le respect de l'environnement, la recherche d'une nouvelle manière de consommer (moins mais de meilleure qualité), la préservation de zones et de populations, et tout simplement la meilleure rémunération et le meilleur traitement des employés au Nord comme au Sud... Pourtant malgré tout ça (purement théorique) en pratique il s'avère que son développement a connu de nombreuses dérives, aussi bien par des organismes réellement engagés que par des entreprises l'ayant intégré dans leur production. Parfois aussi le commerce équitable a du emprunter des sentiers que nous savions dangereux... c'était un risque à prendre, si nous ne l'avions pas fait nous n'aurions jamais su... qui nous dit que les réseaux de grande distribution n'auraient pas pu créer aussi leur propre label équitable (comme il en existe d'ailleurs aujourd'hui)... alors à choisir quelle solution prendront nous ?

Nous en sommes encore au stade du débat sur la grande distribution... mais que pouvons nous faire à présent ? râler ou alors trouver de nouvelles idées pour rendre cette équité un peu plus présente ?

Vous maîtrisez bien la dialectique, ce que je trouve être une force, ceci étant dit vous mélangez mes propos.

En effet, je n'incite nullement à ne plus critiquer les multinationales qui font de l'équitable, j'incite fortement à critiquer toutes les multinationales et les mettre face à des réalités, tout en soulignant quand même l'impact que certaines peuvent avoir sur l'équitable afin de montrer à d'autres que cela peut être possible. C'est d'être "neutre" en quelque sorte et de montrer le bien et le moins bien dont il s'agit. Cela permettra de toucher plus de personnes également et d'en intéresser beaucoup plus, mais j'ai le droit de me tromper tout comme vous non ?

Finalement ce n'est pas d'introduire le commerce équitable à grande échelle, mais bel et bien l'idée au sein même de l'esprit des employés et des consommateurs qu'il s'agit.... Et je vous rejoins sur le dernier point soulevé : la neuro économie peut être un terrible "danger", ceci étant dit à nous de montrer que nous pouvons être plus fort et plus malin que ça et d'agir avec encore plus de courage...

Je vous invite à lire mon article intitulé "vivons nous l'adolescence de l'équitable ?" que vous puissiez voir que j'ai conscience de nombreux problèmes dans l'équitable, et d'éviter d'être "jugé" sur un commentaire. Je ne suis pas "le naif" que vous pensez...

Vous me demandez pourquoi le commerce équitable existe il... et je vous avoue que j'en suis déjà à la question d'après : "comment le faire exister"...

Galéano avait raison (et vu son parcours on ne peut que l'approuver), j'aime bien également cette citation : "Une utopie est une réalité en puissance."

Au plaisir,

Secrétaire de l'association Ekitinfo
Fondateur de mapausecafé.net

Galerie Picasa : https://plus.google.com/u/0/photos/111906536288411326063/albums

Bonjour Didier,

Loin de moi la volonté de vous agresser, ni de vous classer comme naïf. Nous débattons avec beaucoup de monde et le fait d'être en désaccord n'empêche en rien le respect, ni de trouver des points consonants. Je le répète notre critique ne se limitera pas à une multinationale, mais à la récupération générale par ces mastodontes et le détournement des démarches du commerce équitable, de l'économie solidaire, du fameux développement durable. On peut même se demander si ce dernier n'a pas été conçu pour être récupérer.
La raison pour laquelle nous ciblons Unilever est que les glaces Ben & Jerry équitables sont sur le marché français. Nous attendons de pied ferme l’arrivée des doigts coupes faim de Nestlé certifiés équitable. Il est également probable que nous remettions à l’ordre du jour nos textes et communication sur Coca Cola. « Produit en Bretagne », champion de la manipulation publicitaire avec son « achat militant » et autre « génération solidaire » ne nous laissera pas non plus sans réaction.
Vous vous posez la question comment faire exister le commerce équitable ? Je pense qu’il est mal en point et nous nous inquiétons de voir ces boutiques, pionnières de la démarche, fermer les unes après les autres. La stratégie de chercher les volumes en allant voir la GMS en est une des causes, probablement la principale.

Je lis sur votre site www.mapausecafe.net que « Alter Eco et Ethiquable jettent les bases d’un commerce nord-nord ». Nous le revendiquons depuis des années. Je suis personnellement intervenu lors des travaux de l’Afnor pour faire supprimer une note qui disait que « le commerce équitable [n’était] pas pertinent pour les producteurs du Nord ». L’inverse a été inscrit pour être ensuite interdit de publication après la fameuse loi limitant le C.E a une démarche Nord/Sud. Serons nous assez naïf, justement, pour croire que ce petit député de droite s’est levé un bon matin d’été avec la volonté de légiférer sur le commerce équitable ?

De voir ce que nous revendiquons avec force depuis des années est une fois de plus récupéré par ces temples de la consommation qui ont mis et continuent mettre le secteur primaire (paysans, pêcheurs, conchyliculteurs) à genoux me met en rage. Je ne mangerais pas de camembert « Le militant » d’Alter-Eco. J’irais sur le marché acheter un fromage à un paysan ou à un fromager. J’agirais pour le développement des GASEs ( http://www.ingalan.org/009-le-g-a-s-e.html) et autres alternatives, je participerais à la Journée Mondiales des Luttes Paysannes chaque 17 avril en dénonçant toutes les Multinationales et leurs pratiques.

Au plaisir également

Pour les consommateurs,la grande distribution est un piège dans lequel s'engouffrent toutes les personnes pour qui le sentiment prédominant reste l'impuissance face aux requins de la finance.. Et la différence entre l'équitable et ceux des GMS qui prétendent le pratiquer, c'est la finalité de celui-ci, un esprit humaniste pour les uns, et l'enrichissement par la manipulation et l'exploitation d'un secteur d'activité X ou Y sur la chaine des producteurs pour les autres, focalisé sur un ersatz d'équitable qui leur sert de caution afin de faire passer la pilule auprès de la clientèle.
L'utopie nous permet justement d'agir et non pas de penser qu'il ne reste qu'à râler. Par contre ce n'est pas dans la résignation à l'existence soit disant inévitable des systèmes politiques et financiers en place que nous avanceront vers l'équité....
Améliorer l'injustice, c'est se soumettre à celle-ci. Se battre contre l'injustice, c'est vivre.

@Hervé Le Gal : Ingalan semble concentrer ses critiques sur les multinationales qui commercialisent des produits du commerce équitable (Uniliver, Nestlé, Carrefour). Pourquoi ? Pour Ingalan, une multinationale qui ne commercialise pas de produits équitables est-elle "préférable" à une multinationale qui en commercialise ? Elle ferait moins de greenwashing, de récupération ?

"les membres du Sud auront la même voix que ceux du Nord. Vous en verrez les modestes prémices dès cette année" : peut-on en savoir plus sur ces prémices ? Le système des coopératives n'est-il pas limité en taille ? Peut-on réellement appliquer la règle "un homme = une voix" si la coopérative s'agrandit jusqu'à atteindre la taille des multinationales actuelles ?

"Je ne mangerais pas de camembert « Le militant » d’Alter-Eco" : quand tu as demandé qu'on ajoute la relation Nord/Nord dans l'Afnor, le but n'était-il pas justement que le commerce équitable Nord/Nord se développe ?
"J'irais sur le marché acheter un fromage à un paysan ou à un fromager" : qui te dis que ce fromager n'a pas un réseau de 5 fromageries ou il sous-paye ses vendeurs ? Qui te dis que ce fromager respecte l'environnement pour produire ses fromages ?

@Equitable-Didier : "qui nous dit que les réseaux de grande distribution n'auraient pas pu créer aussi leur propre label équitable" : là solution est peut-être de ne pas créer de label... ou en tout cas de ne pas créer de label pour les produits. On créerait un label unique pour les organisations (de commerce équitable).

@Jean-Yves : "leur sert de caution afin de faire passer la pilule auprès de la clientèle" : est-ce que les consommateurs sont aussi naïfs ? Qui croit que la présence d'un demi-rayon équitable garantit la bonne politique sociale d'une grande surface ?

Président de l'association Ekitinfo.
Ensemble, comprenons le commerce équitable !

J'organise régulièrement des débats sur le commerce équitable, et je peux t'assurer que beaucoup de personnes tombent des nues quand elles sont informées des réalités sur le sens du commerce des GMS. Naïves? Non, manipulées, désinformées.
L'ignorance entretenue de ces réalités se retrouve également dans les domaines de l'agriculture biologique et dans la distribution de l'eau. Les problèmes inhérents à la France pour ce sujet se retrouvent partout dans le monde, au sein des ethnies originaires des pays "modernisés" d'Amérique du sud (Amazonie, Chili, Argentine etc...). Chaque consommateur devrait savoir, mais ne sait pas.
Les demi-rayons équitables ou bios sont la caution des GMS pour garantir à leur clientèle leur volonté de participer à l'effort collectif de défense de l'environnement et du commerce équitable et s'approprier un marché en plein développement et éliminer la concurrence des marchés locaux artisanaux .
La grande distribution ne sera toujours qu'une photo de l'équitable, car il ne peut y avoir de demi-mesure. Si pour maintenir leur clientèle il leur faut exploiter leurs employés, tu peux leur faire confiance, ils le feront. Et le terme d'équitable n'a plus de sens. Transparence sur leurs méthodes et sur leur politique sociale à l'étranger et en France, et on verra comment réagiront alors les consommateurs.

Et bien ça discute ! C'est une bonne chose.
Désolé Guillaume, il est trop tôt pour plus de précisions sur les prémisses, pour cause de prémisses de prémisses. Par contre, c'est quand vous voulez pour parler d'Ingalañ en plus amplement sur Ekitinfo.

Non. Ingalañ ne se limite et ne se limitera pas à dénoncer les multinationales engagées dans le marketing humanitaire ou le commerce de bonne conscience. Pour exemple voici une communication que nous faisons sur la Palestine, Israël et l'interdiction de l'appel à boycotter en France. ( http://www.ingalan.org/020-la-loi-francaise-interdit-d.html ) . Tu y verras une petite liste de multinationale à laquelle on aurait d'ailleurs pu ajouter Carrefour. C'est un exemple, il y en a d'autres. Comme tu le vois, nous ne nous limitons pas purement au commerce équitable. Nous nous impliquons en ce moment à populariser en Bretagne la Journée Mondiale des Luttes Paysannes (Bientôt en ligne sur notre site !) Cette démarche nous amènera probablement à terme à des actions collectives en direction de multinationales, du moins souhaitons le. L'année dernière s'était Carrefour. Décidément !! La cible, la GMS, ne venait pas de nous mais de Via Campésina.

Je ne tiens dans ce débat de discours poujadiste. Il y a des petits commerçant infâmes et le milieu paysan n'est pas le joyeux monde de Bibi Fricotin. Nous militons par contre en faisant la promotion des alternatives, marchés de village ou de quartier, commerce de proximité, groupements d'achats, boutiques paysannes et bien sûr des GASEs, concept que nous développons en Bretagne en collaboration avec Le Pot Commun. Il est possible de piquer la technique GASE avec des produits de multinationales bourrés de chimiques. Ce ne sera pas un GASE. Il peut aussi y avoir quelque part une bande de beaufs racistes qui se regroupent pour acheter en commun des poulets industriels à un agro qui bat sa femme. Pétain était écologiste.

Le système des grandes et hypersurfaces est une part maîtresse d'un système auquel nous voulons nous opposer. C'est le secteur qui à ce jour applique le plus (ou le plus directement) les connaissance que divulguent les scientifiques œuvrant pour la neuro-économie : travail sur l'environnement (disposition des rayons, des produits, musique, lumière, modifications régulières, ...) , manipulation de l'affectif (flatteries, générosité, geste humaniste ), ... . Je classe pour ma part la neuro-économie parmi les armes du fascisme moderne.
Un des buts du commerce équitable est de proposer aux personnes une consommation réfléchie. La recherche de la GMS est radicalement à l'inverse, même si des manipulations publicitaires insinueront le contraire. Poser un paquet de café sur un caddie sur-rempli de produits malsains (socialement, écologiquement), et par ce geste payer sa taxe pour continuer à consommer la conscience tranquille, tue la démarche. Car le problème est la surconsommation.
C'est parce que l'occidental veut manger de la viande 2 fois par jour que les terre du Brésil et Paraguay accueillent du soja OGM et privent une grande partie de la population de nourriture.C'est notre richesse qui fait leur pauvreté. Celle-ci est construite, organisée mondialement. Ce monde a besoin de pauvres et je le repète, les grands marchands ont un rôle crucial dans le mécanisme.
Pour que le plateau d'une balance monte, il faut bien que l'autre descende. Prétendre à l'équité Nord/Sud et plus largement à la solidarité internationale sans un regard général et une remise en question profonde du système est soit naïf, soit un comportement d'autruche (dont il me plaît de botter de derrière), soit du foutage de gueule.

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