[Pérou] Basilio et son frère Viamonte : derniers jours à Cocla

Cinquième et sixième jours à Cocla, Central de Cooperativas Agrarias Cafetaleras. Basilio, c’est une mine d’informations à lui tout seul. Si vous chercher le moindre renseignement sur la culture Inca c’est auprès de lui que vous aurez les réponses. Ironie du sort pourtant, sa maison et une bonne partie de ses terres seraient situées sur d’anciens sites incas... Basilio risque donc de devoir quitter sa maison.

Basilio

Basilio : futur guide touristique ?

Basilio a été un peu déboussolé par la nouvelle, mais m’a-t-il confié « Nous vivons près du chemin de l’Inca (ndlr le chemin utilisé autrefois par les Incas et utilisé aujourd’hui par les touristes pour aller voir le Machu Picchu), on pouvait s’en douter. Pour un fan d'archéologie comme moi, vous pouvez être certain que je n’attends que le premier feu vert pour me prêter au jeu »...

En attendant Basilio rénove son champs, et a trouvé une occupation supplémentaire : être guide pour le chemin de l’Inca ou le chemin qui mène à Choquequirao, site Inca 10 fois plus important que le Machu Picchu.

Basilio envisage ainsi de continuer son exploitation et ce malgré les tracas d’un changement probable de maison. Son frère aussi est concerné par cette nouvelle, mais tous d’eux bien entourés par les autres producteurs savent qu’il n’y aura que peu de conséquences... si ce ne sont des positives.

Tant d’optimisme d’emblée m’en disait beaucoup sur ma rencontre du jour. Elle allait être placée sous le signe de la bonne humeur.

Toute la bonne humeur du monde était réunie en lui

Pourtant c'était journée avait plutôt mal commencée puisqu'au petit matin mon ordinateur faisait preuve de défaillance, me faisant courir notamment le risque de perdre une bonne partie de mon travail... Ainsi, assez pensifs sur la route, je n’ai eu besoin que de voir Basilio pour sourire pleinement et relativiser. Toute la bonne humeur du monde étant réuni en lui, il n’y avait aucun risque d’échouer.

C’est donc avec une grande joie que j’ai pris part à la vie de sa famille pendant un peu plus d’une journée et d’une nuit. Nous avons visité ses champs, j’ai pu voir en effet qu’il en rénovait une grande partie, les plantes ayant plus de 10 ans.

J’eu ensuite le plaisir de rencontrer un de ces voisins, Enrique, ou « Don Enrique » affectueusement. C’est cette affection qu’ont les producteurs chacun pour les autres qui m’a touché, celle-ci est sans doute le fait des regroupements en coopérative et surtout de contribuer chacun à un travail collectif d’importance. Après un énième café ; (je n’ai pu en refuser un seul : je ne vous raconte pas mon taux de caféine après 6 jours de visites) ; Don Enrique est venu manger avec nous, et les interviews allaient donc continuer. Dans la bonne humeur, mes interlocuteurs ayant décidé notamment de m’apprendre quelques mots familiers en Quechua :) !

Ils voulaient savoir comment était la France

Le frère de Basilio est venu aussi nous rejoindre, Vivamonte, et c’est avec l’un des fils de Basilio et sa femme que nous avons mangé.

En réalité, je pensais avoir le temps de pouvoir interviewer tout le monde, mais je reçus aussi ce soir là de nombreuses questions, mes interlocuteurs voulaient savoir au maximum ce qu’était le commerce équitable, ils voulaient des informations sur la France, ses habitants, notre langue. J’étais habitué à ces questions bien sûr et elles me paraissent parfaitement légitimes (et puis j’aime bien parler aussi) mais j’ai été surpris notamment parce que c’est son fils qui a lancé le sujet ! Rappelant au passage à tous que c’est parce qu’il veut absolument aller en France, il veut d’ailleurs apprendre le français. Il ne s’arrêtait plus et avait 1001 raisons d’en savoir plus.

D’ailleurs, je dois vous avouer aussi que sa famille le soutenait parfaitement dans sa « nouvelle » mission, mais qu’elle était en même temps très protectrice. Il m’avouera le lendemain que son père l’a félicité pour son goût du voyage revendiqué ! J’ai voulu ainsi vous transmettre le sourire que ce jeune arborait à la simple évocation du mot « France ».

Je quittais donc ces producteurs sur une note ultra positive, et je fus ravi de pouvoir mener toutes ces interviews à terme. Le temps maintenant allait faire son chemin plus normalement : ça y est je l’avais vécu ce rêve ! Si vous voulez le vivre aussi n’hésitez pas à nous demander des renseignements sur les lieux de séjours possibles ! Franchement ça donne envie non ?

Quelques photos prise avec Basilio et Viamonte

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