[Pérou] Une première nuit chez les producteurs

Quatrième et cinquième jours à Cocla, Central de Cooperativas Agrarias Cafetaleras. Julia Guerra, voici le seul nom de producteur que je connaissais avant de venir. En effet c’est la première avoir répondu oui à notre demande de visite. C’est même elle qui est à l’origine de mes séjours directement chez l’habitant. Donc ce soir là j’allais dormir au Paradis et je ne le savais pas.

Julia Guerra et sa famille

Une leçon équitable

Après une courte halte dans un village « routier », nous nous dirigions vers une petite maison située à 15 km de là. Vous l’aurez compris tout seul, 15 km signifiait donc une petite heure de route en plus…

Je fus donc reçu par Julia, José et toute la famille sur le qui-vive pour m’accueillir. C’était trop ai-je dis à Julia, ce à quoi elle me répliquait : « vous rigolez j’espère, ce n’est jamais assez pour des invités » Ici aussi, je comprenais que la gentillesse et la bonne volonté allaient être le fil rouge de notre rencontre.

Trois ou quatre cafés après dans un temps record – 30 minutes, nous partions voir au coucher du soleil leur exploitation et je découvrais avec émerveillement les multiples sortes de bananiers, de Yuka, de Coca, et bien sur de Café. Si vous cherchiez un fruit, ou un légume : il est chez Julia c’est sur. Et quelle magnifique découverte : je suis resté bouche bé devant un tel paysage.

Julia, ayant l’habitude de recevoir des visiteurs, m’a donc fait faire le tour de ses champs, et m’offrait ainsi de véritables leçons sur le café. J’étais sûr que cette leçon était équitable.

Après avoir découvert qu’une rivière coulait chez eux, j’ai pu partager le repas du soir avec toute sa famille, ainsi que les deux enfants d’un cousin habitant dans la Selva (d’où Julia est originaire d’ailleurs) afin qu’ils puissent les élever. Cela leur permet en plus d’avoir quelques cours non loin d’ici. Les possibilités d’avenir pour ces enfants semblent tournées vers la ville. Nous avons ensuite joué ensemble. J’ai découvert au moins 10 variantes de la bataille et ai pu jouer au Moises’Ball (cf Calvin Ball : jeu où les règles apparaissent au fur et à mesure… Sauf qu’avec Moises on n’avait pas le droit, puisque il avait édicté cette règle comme la première de son jeu) !

L’impact positif du commerce équitable pour les enfants

Le repas fut excellent, et nous avons échangé lors de ce moment sur un des impacts concrets du commerce équitable.

Il concerne les voyages et les sorties pour les enfants. Il est apparu à Julia qu’en effet les coopératives gardent toujours une bonne partie de la prime au développement, pour organiser au long de l’année des repas, des sorties voir parfois de véritables petits voyages pour les enfants. Un des voyages en projet serait Puno et le Lac Titicaca.

Après le repas, nous avons continué de discuter, et un réel moment de complicité s’est créé avec Julia.

Ensemble nous avons abordé de multiples sujets, du politique en passant par un jeu de questions réponses à la Proust, en passant par des questions et réponses sur nos familles, notre vie, et nos envies… Un moment de complicité que nous nous sommes forcés d’arrêter à 4h du matin. 2h après je devais de nouveau me réveiller pour accompagner José à l’aube dans les champs.

Ainsi après un léger sommeil très récupérateur (ça doit être l’effet « je dors chez un producteur Â») nous avons tous petit déjeuner ensemble et avons eu un éclat de rire partagé à la vue de tous les animaux qui se réveillaient en même temps que nous et qui se précipitaient d’instinct vers notre table. Evidemment aucun n’a été oublié, même si d’après le plus petit des enfants de Julia et José « ces animaux là vivent mieux que des rois », on dit bien que la vérité sort de la bouche des enfants.

Un modèle, un message fort

Ultimes séances photos dans les champs et puis quelques enregistrements vidéo. La première vidéo qui est sortie de cette semaine de reportage est celle de Julia Guerra, son message étant si fort, je n’avais pas le droit de ne pas le publier vite.

Recevoir des visites grâce à ses chambres d’hôtes, être une pionnière dans la production Bio dans cette région et bien sur produire un café d’une excellente qualité font de cette famille un modèle exceptionnel.

Julia, a déjà des fonctions politiques au niveau local, son mari fils du fondateur de la coopérative Huayopata souhaitant pour sa part qu’elle devienne présidente de celle-ci ou bien qu’elle prenne des responsabilités à Cocla. Il faut l’avouer le charisme de Julia n’est pas à démontrer et sa simplicité ainsi que sa gentillesse font d’elle une personne que j’ai été ravi d’approcher et de connaître au moins l’espace de deux jours.

La séparation se faisait une fois de plus avec un pincement au cÅ“ur. Le même pincement au cÅ“ur m’est revenu début janvier lorsque Julia a pris le temps de m’appeler pour me souhaiter une belle année. Une vraie surprise « Ã©quitable Â» comme seule elle pouvait le faire. Bien sur je ne saurai trop vous conseiller d’aller la rencontrer, elle en serait ravie c’est sûr !

Quelques photos chez Julia

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