Qui déshabille le travailleur asiatique pour habiller le consommateur français ?
Avec Carrefour, « Le positif est de retour ». Leclerc s’engage « Contre la vie chère » et Auchan proclame « Vivons mieux. Vivons moins cher ». Toutes ces promesses les grandes surfaces ne peuvent les tenir qu'en exploitant les travailleurs de la Turquie, de la Chine, de l'Inde et de l’Asie du Sud-Est. Droits des travailleurs... Liquidation totale ? Voici le nouvelle campagne de plaidoyer du collectif Éthique sur l’étiquette.
Un salaire vital
Les salaires minimum de la plupart des pays fabricants de textiles ne permettent pas aux ouvriers de vivre dignement, même dans la théorie. Malheureusement le constat est encore plus terrible car les multiples heures supplémentaires, harassantes, ne sont pas payées.
“Nous faisons beaucoup d’heures supplémentaires. Il y a au moins une heure supplémentaire presque chaque jour. Nous sommes également appelés le dimanche. Toutefois, notre fiche de paie mensuelle […] cite uniquement 1 ou 2 heures supplémentaires par mois.” expliquer une travailleuse chez un fournisseur d’une grande surface en Inde.
Des conditions de travail inimaginables
Le problème des syndicats est récurrents. Menaces de morts, intimidations et mêmes tentatives de meurtres... tout est bon pour empêcher la création d'un syndicat. En fait même la plus simple expression n'est pas autorisée au sein de ces ateliers de misère.
“Vous plaisantez ? Nous ne sommes même pas autorisés à nous parler à l’intérieur ou dans les locaux de l’entreprise. [...] Nous ne pouvons même pas imaginer créer un syndicat dans notre entreprise.”
Un opérateur d’une usine, à Tirupur (Inde)
Les audits sociaux... une blague ?
Suite aux pressions exercées par la société civile, les distributeurs français se sont presque tous dotés de chartes éthiques ou de codes de conduite qui imposent des critères sociaux à leurs fournisseurs et sous-traitants. Cependant, ces textes ne font que transférer sur ces derniers l’obligation de garantir le respect des droits des travailleurs. Les enseignes se débarrassent ainsi de leur propre responsabilité sociale.
“Lorsque des étrangers visitent l’usine, [les directeurs] leur mentent. (…) Nous devons mentir pour garder notre travail. Sinon, ils nous mettront dehors.” explique une tailleuse de Delhi
Comment agir ?
Face à cette situation intolérable, le collectif Éthique sur l’étiquette interpelle une fois de plus des enseignes majeures de la distribution française et lance une pétition nationale les appelant à :
- garantir le versement d’un salaire vital et le respect du droit d’organisation et de négociation collective dans les usines de leurs fournisseurs
- assurer une information du consommateur sur les conditions d’élaboration de leurs produits textiles
Concrètement vous pouvez signer la pétition Liquidation totale sur le site du Collectif Éthique sur l'étiquette.
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Commentaires
Grâce à cette campagne j'ai découvert le système des enchères inversées (mis en place via internet). Les commandes des donneurs d’ordre font l’objet d’enchères inversées. C’est le fournisseur proposant le prix le plus bas qui remporte le marché. On estime que ce système permet une économie de 10 à 15 % pour les distributeurs.
Vous connaissiez ?
Président de l'association Ekitinfo.
Ensemble, comprenons le commerce équitable !
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