Sur la route des Coopératives

Lors de mon tour du monde en stop, après plus d'un mois de voyage, je me suis arrêté à Marrakech, au Maroc. Je suis donc allé questionner une vendeuse dans une boutique de commerce équitable, dans le souk Lackchachbia. Après plusieurs informations réconfortantes sur la garantie du commerce équitable, elle m'a redirigé vers une exposition, "Sur la route des coopératives", où des marocaines m'ont donné de nombreuses informations sur leur réseau : "Femmes artisanes de Marrakech".

Femmes marakech

La création d'association

Tout a commencé par la création d'associations et de coopératives aux alentours de Marrakech. Dans quel but ? Valoriser le travail artisanal des femmes travaillant à domicile, à la ville comme à la campagne. Et donc regrouper et aider ces personnes à avoir plus de poids, être actif et aussi pour créer un produit unique de réseau (plusieurs personnes travaillant pour l'élaboration d'un produit).

De 1995 à 2005, plusieurs associations et coopératives se sont créées, dont 8 présentes à l'exposition, et 6 faisant parties depuis 2007 du réseau "Femmes artisanes de Marrakech" (200 femmes associées).

Le fonctionnement des associations

Comment fonctionnent ces structures ? Tout d'abord, en ce qui concerne la vente : celle-ci se fait essentiellement par commande, mais aussi lors d'expositions et par dépôt dans des lieux touristiques. C'est donc beaucoup de commerce équitable local, mais aussi international par le biais de structures américaines et européennes, comme Artisans du Monde.

Chaque association fonctionne un peu différemment. A Tigmi, les femmes travaillent le matin à domicile, puis au local l'après-midi. Dans d'autres associations, les femmes restent à la maison, et d'autres femmes sont chargées de venir chercher les produits. Chez "Femmes de Marrakech", elles ont un salaire fixe qui dépend de leur capacité à travailler (rapidité, qualité...) et l'association leur paie les matières premières. Autre part, les femmes reçoivent l'argent de leur travail quand le produit est vendu.

Des études sont faites pour mieux s'adapter à la clientèle et aux besoins des femmes, qui sont libres de s'exprimer. De plus, des registres permettent à chacune de suivre les commandes, les clients, et de voir comment rentre l'argent.

Lien avec d'autres organismes

Ces structures sont aussi liées à des organismes qui financent des formations. Planète Finance et Sodev, entre autres, proposent des formations comprenant de la gestion, du marketing, des langues, de la communication, du comportement client ou encore de la commercialisation. Ils agissent dans 12 régions : Casablanca, Tanger, Marrakech (avec le réseau décrit ici), Titouan, Taroudant, Agadir, Ait Ourir (avec 2 réseaux), Tahazout, Touama, Tamslaout et El Houssema (l’orthographe n’est pas sûre…).

Ces formations qui ont fait leurs preuves sont la suite d'études, de questionnaires auprès des femmes, pour vraiment connaitre leurs besoins. Celles-ci ont donc été demandées.

Ces organismes reçoivent des dons de l'Union Européenne ou de structures marocaines, et participent aussi à la création d'hôpitaux ou d'écoles. Planète finance propose aussi des étiquettes pour les produits et des cartes de visites pour les associations.

Impact de ce commerce équitable

Dans le souk, souvent, les hommes vendent ce que les femmes ont fabriqué à la maison, parfois à des prix exagérés, notamment pour les touristes. Dans ces cas là, il n'y a pas vraiment d'intermédiaire, mais les femmes ne reçoivent pas forcément l'argent de ce qu'elles ont produit. Et à la campagne, le mari redonne rarement tout l'argent à sa femme, qui travaille beaucoup plus, entre les champs, les enfants, le ménage, la cuisine, et le travail artisanal ! Ces coopératives permettent donc aux femmes de toucher véritablement l'argent de leur travail, et parfois d'avoir un salaire fixe.

Les femmes se créent aussi un réseau leur permettant d'avoir plus de poids, et d'être en concurrence avec les grosses industries. Les femmes participent aussi aux expositions, à l'évolution des associations : cela leur permet donc d'être plus en contact avec la société. L'impact est donc économique, social, mais aussi culturel grâce au poids qu'elles gagnent.

Par le biais de structures européennes, ces femmes peuvent aussi gagner plus d'argent par la limitation des intermédiaires. Dans ce cas là, je suis donc assez confiant sur la garantie du commerce équitable !

Et ça se développe !

De plus en plus d'expositions sont organisées, dont certaines à l’étranger. Des réseaux semblables se développent aussi chez les hommes. Pourvu que ça dure !

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